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Argument choc du président-dictateur, la stabilité du régime s’effrite depuis l’élection présidentielle contestée de décembre 2010. Sentant son pouvoir vaciller face à une contestation croissante, Alexandre Loukachenko dénonce les journalistes comme fauteurs de trouble dans des discours enflammés, visant particulièrement les médias étrangers, russes et polonais. L’étonnant espace de liberté laissé jusque là à des titres indépendants, notamment régionaux, comme Vitebsky Kurier ou Babruisky Kurier, se réduit comme peau de chagrin. Rapporter des pénuries de nourriture ou couvrir les « protestations silencieuses », inspirées des révolutions arabes, est une gageure, dans un pays où les forces de l’ordre et la Justice obéissent au doigt et à l’oeil au président.
Pour faire pression sur les journalistes, le pouvoir accorde et retire des accréditations à sa convenance. En outre, il a de plus en plus fréquemment recours aux arrestations abusives. Des condamnations arbitraires à plusieurs jours de prison, par exemple pour « petite délinquance », sont prononcées toutes les semaines. Les procès sont expéditifs, ne reposant parfois que sur de faux témoignages des forces de l’ordre.
Pour les professionnels des médias, la couverture d’événements remettant en cause la suprématie du « batka » entraîne presque systématiquement des représailles. Andreï Pachobut, correspondant du journal polonais Gazeta Wyborcza, ou Irina Khalip, correspondante du quotidien russe Novaïa Gazeta, ont été les plus récentes victimes. Natalia Radzina, rédactrice en chef du site d’opposition charter97.org, a quant à elle dû quitter le pays pour éviter une probable peine de prison. Les journaux indépendants sont les cibles privilégiées des autorités, qui leur distribuent sans compter des avertissements. En vertu de l’article 51 de la loi sur les médias de masse, à partir de trois avertissements reçus, le ministère de l’Information peut requérir la fermeture d’un média. Les deux principaux journaux indépendants nationaux, Narodnaya Volya et Nasha Niva ont échappé de peu à cette procédure en juillet 2011.
Internet est devenu en quelques années un espace d’expression privilégié, via les sites d’informations indépendants et les réseaux sociaux. Mais depuis 2010, le pouvoir essaie de retrouver la maîtrise de la situation en imposant des mesures de contrôle drastiques. Le Bélarus a été placé comme « pays sous surveillance » dans la liste des ennemis d’Internet réalisée par Reporters sans frontières en 2011.
Fiche réactualisée en juillet 2011
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