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Azerbaïdjan

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162 sur 179 dans le dernier classement mondial
  • Superficie : 86 100 Km2
  • Population : 8 177 717 millions d’habitants.
  • Langue : azéri
  • Chef de l’Etat : Ilham Aliev depuis octobre 2003

2011 a été une année noire en Azerbaïdjan. Pour la première fois depuis six ans, un journaliste, Rafik Tagi, a été assassiné. Agressions, enlèvements, menaces… les méthodes de répression les plus violentes ont fait leur grand retour pour venir à bout des manifestations pro-démocratiques du premier semestre. Le regain de tension diplomatique avec l’Iran a également contribué à accentuer la pression sur la presse, notamment dans la région autonome du Nakhitchevan.

(Fiche actualisée en décembre 2011)

Déjà 152e dans le classement de Reporters sans frontières en 2010, présidé par un « prédateur » de la liberté des médias, l’Azerbaïdjan reste prisonnier de logiques autoritaires et corrompues. Le cadre répressif qui enserre la société, interdit le pluralisme et favorise une polarisation d’ores et déjà très pesante. Paradoxalement, le boom économique que connaît le pays depuis la mise en service de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan en 2006 n’a fait qu’accentuer cette tendance en décuplant les moyens des autorités et en renforçant leur sentiment d’impunité à l’égard de la communauté internationale.

Le paysage médiatique local est extrêmement polarisé et la presse indépendante ou d’opposition est la cible de pressions sans fin. Le principal quotidien d‘opposition du pays, Azadlig, en est un exemple parlant. Son rédacteur en chef, Ganimat Zahid, emprisonné durant plusieurs années, a été et continue d’être l’objet de sérieuses menaces. L’un de ses jeunes reporters, Agil Khalil, est toujours en exil après avoir été la cible d’une campagne de haine marquée par plusieurs tentatives d’assassinat en 2008. Un autre journal d’opposition, Khural, a été poussé à la fermeture tandis que son rédacteur en chef, Avaz Zeynalli, était jeté en prison fin octobre 2011.

Cette volonté d’imposer le silence ne touche pas que les journalistes locaux. Plusieurs radios étrangères très populaires sont toujours absentes de la FM azerbaïdjanaise depuis janvier 2009, notamment la BBC, Radio Free Europe/ Radio Liberty et Voice of America.

Les manifestations pro-démocratiques, tenues à Bakou en mars et avril 2011 dans le sillage des printemps arabes, ont été violemment étouffées. Obstacles physiques, interpellations, reconduites à la frontière, refus de visa… La presse locale et internationale a été systématiquement empêchée de couvrir les rassemblements. A une semaine d’intervalle, deux correspondants d’Azadlig ont été enlevés et menacés par des hommes en civil qui leur ont intimé l’ordre de ne plus décrier le gouvernement. Vecteur d’information et de mobilisation jusqu’alors étonnamment libre en Azerbaïdjan, Internet a été tout particulièrement visé. Tandis qu’une étroite surveillance se mettait en place sur les réseaux sociaux, ponctuellement bloqués, plusieurs activistes en ligne, dont le blogueur Bakhtiyar Hajiyev, ont été condamnés à de lourdes peines de prison. Plusieurs sites d’information indépendante ont fait l’objet de cyberattaques à répétition.

Dans ces conditions, la libération des blogueurs Emin Milli et Adnan Hajizadé en novembre 2010, puis du journaliste indépendant Eynulla Fatullaev en mai 2011, apparaissent comme une manœuvre du pouvoir pour relâcher la pression internationale. Quant à l’assassinat, le 2 mars 2005, d’Elmar Husseynov, le charismatique rédacteur en chef de l’hebdomadaire Monitor, il n’est toujours pas élucidé, faute de volonté politique. La justice s’est défaussée du problème en le reportant sur la Géorgie, dont elle accuse les assassins d’être ressortissants, mais aucune investigation n’a été menée pour remonter jusqu’aux commanditaires.

Ce précédent n’augure rien de bon pour l’enquête sur l’assassinat de Rafik Tagi, rédacteur en chef du journal Sanat décédé le 23 novembre 2011. D’ores et déjà, les zones d’ombre abondent : le journaliste a brutalement succombé aux coups de couteau qui lui avaient été infligés, alors que son état était jugé suffisamment satisfaisant pour le retirer de l’unité de soins intensifs trois jours auparavant. Connu pour ses critiques de l’islam et du régime iranien, il avait été emprisonné en 2007. La fatwa prononcée à son encontre par un mollah iranien pointe une piste possible vers Téhéran, mais l’implication des autorités azerbaïdjanaises n’est pas exclue par les proches et les collègues de Rafik Tagi.

L’exclave autonome du Nakhitchevan, séparée du reste du pays par l’Arménie et dont est originaire une partie du clan présidentiel, reste communément appelée la « Corée du Nord de l’Azerbaïdjan ». La poignée de journalistes indépendants qui y travaillent envers et contre tout est l’objet d’intenses pressions de la part d’autorités locales certaines de jouir d’une impunité totale. Pressions qui se sont encore renforcées dans le climat de paranoïa créée par les tensions diplomatiques avec l’Iran.

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