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L’Afghanistan compte près de 300 journaux, dont 14 quotidiens, au moins 15 chaînes de télévision et des centaines de radios privées, ainsi que sept agences de presse. Le pluralisme est une réalité incontournable que l’on doit à la politique du président Hamid Karzaï et de la communauté internationale. Mais, parallèlement, les violences contre la presse ne cessent d’augmenter. Et, dans ce domaine, les preuves de l’engagement des autorités pour y mettre un terme sont plus que ténues.
Les journalistes ne bénéficient toujours pas, plus de huit ans après la chute des taliban, de la sécurité nécessaire à l’exercice de leur métier. La presse doit faire face à de nouvelles menaces – mafias de la drogue et du kidnapping, politisation du crime de "blasphème" – que le gouvernement d’Hamid Karzaï n’a pas réussi à endiguer. Si tant est qu’il ait souhaité le faire.
La crise sécuritaire, politique et économique qui frappe l’Afghanistan a des répercussions graves sur le travail des journalistes. L’Etat est incapable d’assurer la sécurité des journalistes. Ainsi, depuis janvier 2009, on ne relève pas moins de 16 agressions, 24 menaces de mort, 10 interpellations et 6 enlèvements. Des dizaines d’autres journalistes, essentiellement des femmes et des correspondants en province, ont été contraints de démissionner ou fuir le pays en raison de pressions extérieures.
Les taliban multiplient les enlèvements de journalistes. Si le reporter du New York Times David Rohde et son fixeur ont réussi à échapper en 2009 aux mains des taliban, le reporter afghan Sultan Munadi a été tué lors de l’opération militaire britannique qui devait le sauver.
Les journalistes afghans sont plutôt libres de s’exprimer, tant qu’ils n’évoquent pas de manière critique le seul sujet véritablement tabou du pays : l’islam. Par la volonté des moudjahidin, la Constitution prévaut, mais la Charia peut être appliquée, selon les articles 130 et 131 de la loi fondamentale.
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