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Equateur

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Le président Rafael Correa a proposé en 2009 la création d’une nouvelle loi de communication avec pour objectif une meilleure répartition des fréquences entre médias communautaires, médias publics et médias privés (un tiers pour chaque). Plusieurs fois en débat à l’Assemblée nationale, la loi n’a toujours pas été adoptée trois ans après son premier examen. Certains éléments tels que la régulation des contenus ou le statut des journalistes restent très controversés. Par ailleurs, le fonctionnement du système d’attribution des fréquences et de l’autorité qui les administre doit être entièrement réexaminé afin que les conditions d’application de la loi soient acceptables.

L’Etat, de son côté, a beaucoup investi dans le domaine de la communication et surtout la télévision, et ce dans un climat tendu avec les médias privés qui étaient en situation de quasi-monopole avant l’arrivée de Correa au pouvoir. La chaîne de télévision nationale Ecuador TV est créée, la station Radio Nacional est réactivée. L’agence d’informations Andes, le journal en ligne El Ciudadano, puis le quotidien en ligne El Telégrafo viennent s’ajouter aux médias d’Etat. Douze médias privés ayant fait faillite sont "repris" par l’Etat – les “incautados” - , notamment GamaTV et TC Televisión, grossissant les rangs des médias progouvernementaux.

La présence de "cadenas" (annonces du gouvernement dont la diffusion est obligatoire sur toutes les ondes) et d’"enlaces" (discours personnels de Rafael Correa dont la diffusion le samedi est facultative… mais fortement conseillée) fournit au président un outil d’affrontement direct avec les médias privés et la presse critique. En juillet 2012, Gustavo Cortez, rédacteur en chef du quotidien El Universo, a été la cible de violents réquisitoires présidentiels au cours de quatre “enlaces”. Un mois plus tôt, César Ricaurte, directeur de l’ONG de défense de la liberté d’expression Fundamedios, avait subi les foudres du président.

Les tensions ne s’arrêtent malheureusement pas aux échanges d’amabilités. Deux procédures judiciaires ont été engagées, en 2011, à la demande de Rafael Correa lui-même contre deux journalistes auteurs du livre controversé “Le Grand Frère” (consacré à Fabricio Correa, frère aîné du chef de l’État), et contre trois directeurs du quotidien El Universo pour un éditorial injurieux. Dans cette dernière affaire, Rafael Correa a accordé le pardon à ses détracteurs, en février 2012. Les délits de “diffamation” et d’“injure” n’en demeurent pas moins passibles de prison.

Les attaques personnelles du président équatorien contre des personnalités d’opposition interviennent également dans un nouveau contexte de rétorsions contre des médias audiovisuels réputés critiques envers le gouvernement (Radio Morena, la revue Vanguardia). Une quinzaine ont été fermés au cours de l’année 2012, sans avoir eu le temps d’épuiser toutes leurs possibilités de recours.

Enfin, deux journalistes ont été tués depuis le début de l’année 2012, notamment le photographe Byron Baldeón, dont le témoignage dans une affaire de vol avait conduit à l’arrestation de trois policiers. Dans les deux affaires, le lien avec la profession reste néanmoins à établir.

Fiche réactualisée en septembre 2012

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