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À Goma, les médias censurés par le M23 retrouvent leur liberté d'émission

À Goma, les médias censurés par le M23 retrouvent leur liberté d’émission

Publié le mardi 4 décembre 2012.
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Journaliste en Danger (JED), organisation partenaire de Reporters sans frontières en République Démocratique du Congo, annonce que les émissions de Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), Digital Congo et Radio Télévision du Groupe l’Avenir (RTG@) sont à nouveau diffusées à Goma depuis le 2 décembre 2012. Censurés depuis la prise de la ville par le M23, ces trois médias ont été inaccessibles pendant douze jours.

Reporters sans frontières se joint à Journaliste en Danger pour se féliciter de la cessation de cette violation de la liberté d’informer.

Pour plus d’information, voici le communiqué de presse publié par JED :

« Journaliste en danger (JED) a noté avec satisfaction, la reprise des émissions, dimanche 2 décembre 2012 dans la matinée, de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), Digital Congo et Radio Télévision du Groupe l’Avenir (RTG @), respectivement média public et chaînes privées, émettant à Kinshasa, capitale de la RDC et captés en relais à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu (Est de la RDC). Ces trois médias émettent de nouveau après le retrait par les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) de la ville de Goma, qui a été sous leur contrôle pendant une semaine.

Les signaux d’émission de ces trois médias ont été coupés, mardi 20 novembre 2012 vers 14 heures locales, sur un ordre verbal de M. Vianney Kazarama, porte-parole du M23. Cette mesure était prise par le M23 pour priver la population de Goma d’accéder aux informations émanant du gouvernement de Kinshasa. »


21.11.2012 - Prise de Goma : RSF et JED s’inquiètent du contrôle de l’information par le M23

Reporters sans frontières (RSF) et Journaliste en danger (JED) expriment leur profonde préoccupation à la suite des premières mesures prises par les responsables de la rébellion du M23 à l’encontre des médias, au lendemain de leur prise de la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord Kivu (Est).

Les deux organisations, conscientes de l’ampleur des violences commises à l’encontre des civils, se disent également très inquiètes pour la sécurité des acteurs de l’information, à Goma et plus généralement dans l’est du pays.

"La prise de la ville de Goma s’accompagne d’une prise en main des médias. Les rebelles du M23 se comportent en directeurs d’organes de presse et en rédacteurs en chef. Nous leur rappelons qu’il ne leur appartient aucunement de décider du contenu des informations diffusées par les médias", a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières.

"Depuis hier, à Goma, la population n’a plus accès aux informations qui proviennent de la capitale. Plutôt que de vouloir contrôler l’information et anéantir le pluralisme des opinions en n’autorisant qu’une seule voix – la sienne –, le M23 devrait garantir à la presse le droit de travailler en toute indépendance et en toute sécurité", a ajouté Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de Journaliste en danger.

Selon des sources locales, les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) ont ordonné, sans préavis, la coupure des signaux d’émission de trois médias émettant à Kinshasa, la capitale, et captés en relais à Goma, tombée depuis le 20 novembre 2012 sous leur contrôle.

Il s’agit de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), de Digital Congo et de Radio Télévision du Groupe l’Avenir (RTG@), respectivement média public et chaînes proches du pouvoir. Leurs signaux ont été coupés le 20 novembre, vers 14 heures, sur ordre verbal de M. Vianney Kazarama, porte-parole du M23.

Les mêmes sources rapportent que le porte-parole du M23 s’est rendu en personne, après la prise de la ville, au Mont Goma où sont implantées les antennes des médias locaux, nationaux et internationaux captés en relais dans cette ville. Il a enjoint le responsable du service du Réseau National des Télécommunications par Satellite (RENATELSAT) de couper les signaux d’émission de ces trois médias. Ceux des médias internationaux et de la chaîne privée Raga (émettant à partir de Kinshasa et diffusant en relais les programmes de Voice of America) n’ont en revanche pas été coupés.

Contacté par JED, un journaliste de la presse locale a déclaré que tous les médias locaux ont reçu une stricte interdiction de diffuser les informations émanant du gouvernement de Kinshasa. "Le M23 a demandé à la station provinciale de la RTNC de ne diffuser que les informations aidant la population à comprendre leur idéologie et aux médias privés d’appuyer leur mouvement dans son implantation", a-t-il témoigné.

Les deux organisations condamnent vigoureusement cette grave atteinte à la liberté de la presse et demandent aux responsables de ce mouvement armé de lever cette mesure, sans délai et sans conditions, afin de permettre à la population d’accéder à une information plurielle et diversifiée.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité la résolution 2076 condamnant fermement les violations des droits de l’homme commises par le M23 et appelant au respect de l’intégrité du territoire congolais. Cette résolution exige que le M23 se retire de la ville de Goma et que les rebelles déposent les armes sans délai.

Photo : Le porte-parole du M23, le Lieutenant-Colonel Vianney Kazarama, s’adresse aux habitants de Goma le 21 novembre 2012. AFP PHOTO / PHIL MOORE

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