Reporters sans frontières

Grâce et libération de Firas Majali

Publié le mardi 18 mars 2003. Mis à jour le jeudi 20 mars 2003.
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De nationalité jordanienne, le journaliste Firas Majali, accusé d’espionnage et condamné à mort, a été gracié par l’émir du Qatar, Cheikh Hamad Ben Khalifa al-Thani. Sa grâce et sa libération immédiate sont intervenues alors que le roi Abdallah de Jordanie était en visite officielle au Qatar. Le journaliste est rentré en Jordanie à bord du jet privé de la famille royale. Son père, ancien ministre jordanien de l’Information et ambassadeur dans les pays arabes, a déclaré : "Mon fils a beaucoup souffert et nous espérons que personne n’aura à subir la même expérience". Au même moment, le ministre jordanien de l’Information, Mohammad Adwan, a annoncé la réouverture des bureaux de la chaîne qatarie Al-Jazira en Jordanie. Al-Jazira avait diffusé en août 2002 une émission sur la Jordanie qu’Amman avait jugée offensante pour le défunt roi Hussein. Les autorités avaient immédiatement ordonné la fermeture des bureaux de la chaîne.


24 février 2003 - Reporters sans frontières demande la grâce d’un journaliste jordanien condamné à mort

Reporters sans frontières a demandé à l’émir du Qatar, Cheikh Hamad Ben Khalifa al-Thani, de prononcer sans attendre la grâce du journaliste Firas Majali, dont la condamnation à mort a été confirmée en appel le 24 février 2003.

"Nous sommes accablés à l’idée que cette sentence puisse être mise à exécution. Sans préjuger du fond de l’affaire, nous devons souligner que le procès de Firas Majali s’est déroulé dans un climat de grande tension entre la Jordanie et le Qatar, ce qui a sans aucun doute nui à la tenue d’un procès juste et équitable. De nombreux observateurs voient dans cette affaire une querelle diplomatique qui oppose depuis des mois les deux pays et dont un journaliste a déjà suffisamment fait les frais", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l’organisation.

De nationalité jordanienne, Firas Majali a été arrêté en février 2002 à Doha (Qatar), où il travaillait en tant que journaliste pour la première chaîne de la télévision d’Etat qatarie. Accusé d’"espionnage" au profit de son pays, il a été condamné par la Cour suprême de Doha à la peine de mort, le 22 octobre 2002. Le journaliste est également le fils d’un ancien ministre jordanien de l’Information et issu d’une famille influente en Jordanie, ce qui contribue à donner à cette affaire une tournure politique.

La diffusion, le 6 août 2002, par la chaîne qatarie Al-Jazira d’une émission jugée offensante pour le défunt roi Hussein de Jordanie avait provoqué la colère des autorités à Amman (Jordanie). Dès le lendemain, les bureaux d’Al-Jazira en Jordanie ont été fermés et les accréditations de presse de ses journalistes retirées. Le gouvernement jordanien avait également rappelé son ambassadeur à Doha, accusant Al-Jazira de "provoquer la sédition dans le royaume" et de "diffamer" la famille royale.

Malgré une campagne médiatique contre le Qatar orchestrée par la Jordanie, les relations entre les deux pays se sont améliorées ces derniers mois. Fin octobre 2002, l’ambassadeur de Jordanie au Qatar était de retour. En janvier 2003, l’émir du Qatar et le roi Abdallah II de Jordanie se sont entretenus en France.

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