Gambie
Yahya Jammeh
Président de la république
Guérisseur, "médecin" ayant percé le mystère du sida, de l’obésité et de l’érection, Yahya Jammeh a tout du dictateur délirant, imprévisible et violent. Il a promis de couper la tête aux homosexuels pour nettoyer la société gambienne. Paranoïaque, il se dit prêt à tuer quiconque chercherait à déstabiliser le pays, en premier lieu les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes, ces empêcheurs de tourner en rond : « Si vous êtes affiliés à des mouvements de défense des droits de l’homme, soyez assurés que votre sécurité n’est pas garantie (…) Nous sommes prêts à tuer les saboteurs. » A bon entendeur… L’affaire non résolue Deyda Hydara, ancien correspondant de l’
AFP et directeur du trihebdomadaire
The Point, abattu dans la rue en 2004, continue d’alimenter le face à face entre la presse indépendante et le régime. En mars 2011, Yahya Jammeh a nié, une énième fois, être impliqué dans la mort du journaliste et a affirmé qu’il ne "sacrifiera pas la paix et la sécurité de la Gambie sur l’autel de la liberté d’expression". L’Union de la presse gambienne (GPU) avait eu le courage d’adresser au chef de l’Etat, en 2009, une lettre lui demandant de reconnaître l’implication du gouvernement dans cet assassinat. Réponse : six professionnels condamnés à deux ans de prison pour « diffamation » et « sédition » ; et une grâce après un mois de détention. Car Yahya Jammeh sait faire preuve de mansuétude. La plupart du temps, toutefois, pas besoin de chef d’inculpation pour enfermer les journalistes. Chief Ebrima Manneh, journaliste au
Daily Observer, arrêté en 2006, disparu depuis, serait même mort en prison en 2008.
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