Kazakhstan
Noursoultan Nazarbaïev
Président de la République
La « réélection » de Noursoultan Nazarbaïev à la tête du Kazakhstan avec 95% des voix, début avril 2011, donne une idée assez claire de la place qu’il accorde aux opinions alternatives et critiques. Mais le système mis en place il y a plus de vingt ans par le leader incontesté de la république la plus prospère d’Asie centrale, est entré dans une zone de turbulences. Le régime a répondu brutalement à une vague inédite de conflits sociaux dans le secteur stratégique des hydrocarbures. Et des rumeurs persistantes sur la mauvaise santé de M. Nazarbaïev attisent en sous-main une âpre guerre de succession. La presse indépendante et d’opposition, déjà largement réprimée, paie plus que jamais le prix de ce climat délétère.
Pour protéger sa réputation, le président kazakh a rendu passible de peines de prison toute insulte à son "honneur" et à sa "dignité". Il a également promulgué des amendements draconiens régulant l’enregistrement des médias. L’une de ces dispositions facilite la mise en liquidation judiciaire des journaux et interdit aux professionnels ayant collaboré à un titre frappé de suspension de travailler pendant trois ans. Internet est également soumis à cet appétit de contrôle, à tel point que le Kazakhstan a été placé « sous surveillance » en 2012 pour son recours à la cybercensure.
Agressions et poursuites visaient déjà régulièrement les journalistes et médias qui couvraient la corruption et les problèmes liés à l’exploitation des hydrocarbures. Mais depuis l’écrasement dans le sang de la révolte des pétroliers de Janaozen, en décembre 2011, la pression sur les médias indépendants s’est fortement accrue. Les collaborateurs du journal Golos Respubliki et de Stan TV, coutumiers du harcèlement des autorités, sont désormais convoqués par le KNB (Comité pour la sécurité nationale) pratiquement chaque semaine. Le rédacteur en chef de Vzgliad, Igor Viniavski, a été incarcéré près de deux mois dans une affaire montée de toutes pièces. Un autre journaliste et opposant, Lukpan Akhmediarov, a réchappé de peu à une tentative d’assassinat en avril 2012. La fin de règne s’annonce plus brutale encore que son commencement. Et le président Nazarbaïev n’a pas encore tiré ses dernières cartouches.
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