Depuis juin 2007, le gouvernement du Hamas a confirmé sa volonté de contrôler les médias à Gaza, mettant en péril la liberté de la presse. Suite à la dissolution de la branche gazaouite du Syndicat des journalistes palestiniens, il a mis en place un nouveau système d’accréditation auquel doivent se soumettre l’ensemble des sociétés de télécommunication, de distribution d’Internet, ainsi que les médias audiovisuels et les agences de presse basés dans la bande de Gaza. Par ailleurs, le gouvernement du Hamas applique la loi de 1996 prévoyant des peines de prison pour toute publication d’information pouvant mettre en danger « l’unité nationale ».
Intimidations, agressions, arrestations arbitraires et détentions abusives sont monnaie courante de la part des forces de sécurité du gouvernement du Hamas à Gaza. Ainsi, près d’une soixantaine de professionnels des médias ont été arrêtés ou agressés pour la seule année 2011 par les services de sécurité du ministère de l’Intérieur du Hamas. Ces mesures coercitives contraignent les journalistes palestiniens à l’autocensure.
Mi-mars 2011, les forces de sécurité ont réprimé de manière violente les rassemblements organisés dans le centre de la ville de Gaza par la « Coalition du 15 mars » appelant à la réconciliation entre le Hamas et le Fatah, n’hésitant pas à agresser et arrêter les journalistes venus couvrir l’événement. Des descentes ont été effectuées dans les bureaux de nombreux médias, internationaux et locaux, à la recherche des images de cette répression.
Depuis octobre 2011, le siège du Syndicat des journalistes palestiniens à Gaza est occupé par des dizaines de journalistes affiliés au Hamas et au Jihad islamique. Le groupe s’est emparé des lieux, en a délogé les employés, confisquant leurs téléphones portables, et s’est proclamé comme étant la nouvelle direction. Cette manœuvre porte un coup à l’indépendance de la profession.
Par ailleurs, le 25 septembre 2011, le ministère de l’Intérieur de Gaza a pris de nouvelles mesures rendant plus difficile l’accès à la bande de Gaza aux journalistes étrangers. Dorénavant, tout étranger désirant se rendre à Gaza, via les points de passage d’Erez et Rafah, doit obtenir une autorisation préalable du ministère de l’Intérieur à Gaza. Les journalistes devront désormais remplir un dossier et mentionner un garant sur le territoire gazaoui. Cette mesure constitue une entrave à la liberté de mouvement des journalistes.
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