Dès 2002, l’exécution du journaliste américain Daniel Pearl a mis en évidence les liens des services de renseignements avec les extrémistes et Al-Qaeda. Depuis le début de la “guerre contre la terreur”, les relations entre la presse et le régime militaire ne se sont jamais améliorées. Entre 1999 et 2006, 21 cas de kidnappings par les agences de renseignement ont été recensés.
Pourtant, dans la majorité des cas, de Mukesh Rupeta, correspondant de la chaîne de télévision pakistanaise Geo TV, enlevé et torturé par des membres des services secrets militaires, en 2006, à Hamid Mir, célèbre présentateur de Geo TV, menacé le 20 décembre 2011 après avoir abordé le rôle politique de l’ancien directeur général de l’ISI, Ahmad Shuja Pasha, les responsables de ces agences ne sont jamais inquiétés par la Justice.
Dernier exemple en date, l’assassinat de Syed Saleem Shahzad, journaliste d’investigation pour Asia Times (en ligne), retrouvé mort dans sa voiture le 31 mai 2011. Le journaliste enquêtait notamment sur le militantisme islamique et Al-Qaïda. Il venait de publier un article portant sur l’attaque menée par des taliban contre la base navale pakistanaise de Karachi, dans lequel il révélait qu’Al-Qaïda avait "construit un bon réseau au sein de la Marine pakistanaise et (qu’)il y (avait) des négociations entre un agent d’Al-Qaïda au Waziristan du Nord et certains officiers de la Marine". De nombreux journalistes à Islamabad soupçonnent l’ISI d’avoir enlevé et exécuté Syed Saleem Shahzad. Aujourd’hui, l’impunité dont jouissent les agences de renseignement pakistanaises traduit la menace qu’elles constituent pour la liberté d’information dans le pays.
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