Reporters sans frontières

Les prédateurs

Ouzbékistan
Islam Karimov
Président de la République

Sa fille Lola a été jusqu’aux tribunaux français pour exiger que la presse européenne cesse d’appeler Islam Karimov un « dictateur ». Peine perdue. Plus de vingt ans après son arrivée au pouvoir, le président ouzbek n’en finit pas de battre ses propres records en matière de répression et de paranoïa. "Réélu" en 2007 avec près de 88% des voix, il a assis un pouvoir implacable, réduisant la presse d’opposition au silence à l’aide de méthodes qui font froid dans le dos : disparitions, internements forcés en hôpital psychiatrique, emprisonnements arbitraires, etc. Accusés de terrorisme, traînés devant les tribunaux pour des affaires montées de toutes pièces, les journalistes payent parfois très cher leur travail d’enquête. Au moins dix d’entre eux sont actuellement sous les verrous. Le chef de l’État reste fidèle au mode de gouvernance qu’il avait publiquement reconnu en 1999 : "Je suis prêt à faire sauter les têtes de 200 personnes, à sacrifier leur vie, afin de préserver la paix et le calme dans la République."

Omniprésent sur les médias qui lui attribuent tous les mérites, Karimov juge inacceptable la couverture des réalités sociales et économiques du pays. Le sous-développement, la condition de la femme, par exemple, sont des sujets trop loin de l’image de modernité que veut véhiculer le régime pour être tolérés. "Insulte au peuple ouzbek", voici le genre d’accusations retenues contre la photographe Oumida Akhmedova et le journaliste Khayroullo Khamidov pour leur traitement des problèmes sociaux, en 2010. Encore plus simple mais efficace : Elena Bondar et Viktor Krymzalov ont été condamnés à de lourdes amendes, début 2012, pour des articles qu’ils n’avaient pas écrits.

Tandis que le noyau dur des journalistes indépendants du pays se resserre, le travail des médias étrangers est devenu impossible depuis la répression sanglante de la révolte d’Andijan en 2005. Et depuis mars 2011, le despote de Tachkent tente de prévenir toute onde de choc des révoltes arabes. Avec l’expulsion de Human Rights Watch, le refoulement de journalistes à l’aéroport et l’interdiction pour les professionnels des médias officiels de s’entretenir avec des diplomates étrangers sans autorisation préalable, les contacts avec l’extérieur sont réduits au maximum. Pendant ce temps, la censure se renforce encore sur Internet, et les opérateurs de téléphonie mobile sont transformés en mouchards chargés de signaler la circulation de "contenus suspects" et de couper l’accès à Internet dès que les autorités le jugent bon.

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