Accueil - Prédateurs
Derrière les violations de la liberté de la presse se cachent des responsables et des commanditaires. Qu’ils soient président, ministre, chef d’état-major, chef religieux ou leader d’un groupe armé, ces prédateurs de la liberté de la presse ont le pouvoir de censurer, emprisonner, enlever, torturer et, dans les pires des cas, assassiner des journalistes. Pour mieux les dénoncer,Reporters sans frontières dresse leurs portraits.
Sixième monarque d’Arabie saoudite, Abdallah ibn Abdulaziz Al-Saoud a accédé au pouvoir en août 2005. Depuis, le régime oscille entre répression et ouverture, arrêtant d’un côté activistes politiques et journalistes, organisant de l’autre les premières élections municipales du pays. Le maintien de la famille royale des Al-Saoud à la tête de l’Etat et la suprématie de l’idéologie wahhabite reposent sur un contrôle sans faille de l’information. Sans cadre juridique protégeant la liberté d’expression, l’autocensure est de mise, les journalistes ne remettant pour ainsi dire jamais en cause la politique du gouvernement. La lutte contre le terrorisme et les risques que fait peser l’agitation politique régionale sur la stabilité du pays continuent de servir de prétextes pour restreindre les libertés fondamentales. Quant aux correspondants étrangers, ils sont systématiquement accompagnés de fonctionnaires chargés de rendre compte du contenu de leur travail.
Depuis le début des révolutions arabes et des manifestations chez son voisin, le Bahreïn, les autorités de Riyadh sont tout particulièrement attentives à ne pas laisser un tel mouvement de contestation gagner l’Arabie saoudite. Tous les moyens sont bons : blocage de sites mis en place après l’émergence des manifestations en Tunisie et en Egypte, et demandant des réformes dans le royaume (http://dawlaty.info/ et http://www.saudireform.com/) ; blocage de la page Facebook " Revolutionary nostalgia" pour le changement ; interdiction pour les journalistes étrangers de couvrir les manifestations dans l’est du pays, etc. Une équipe de la BBC a été empêchée, en mars 2011, de couvrir les troubles à Houfouf. Le correspondant de Reuters s’est vu retirer son accréditation le 15 mars 2011, pour avoir publié un rapport sur une manifestation considéré comme inexact par les autorités. L’Arabie saoudite est l’un des plus répressifs sur Internet. Le 1er janvier 2011, de nouvelles dispositions sont venues renforcer l’arsenal législatif mis en place en 2007. Plus de 400 000 sites sont actuellement bloqués. Loin de s’en cacher, les autorités assument leur politique de censure, au nom du maintien de l’ordre social.