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La Cour d’appel autorise la justice à examiner les ordinateurs des journalistes de 24 Horas en rejetant leur recours en annulation

Publié le mercredi 26 avril 2006.
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La Cour d’appel de Lisbonne a rejeté, le 6 avril 2006, la requête des journalistes du quotidien 24 Horas demandant que le juge d’instruction respecte le droit à la protection des sources et ne procède pas à l’ouverture de leurs ordinateurs portables, saisis le 18 février. Eduardo Oliveira et Jorge Van Krieken avaient obtenu un moratoire sur cette ouverture ordonnée par le juge Alfredo Costa. L’avocat des deux journalistes, Barros Figueiredo, va faire appel de cette décision devant la Cour suprême.

Le rédacteur en chef du journal, Pedro Tadeu, a expliqué qu’un second recours avait été déposé par les journalistes dénonçant les perquisitions à la rédaction et au domicile de Jorge Van Krieken, free-lance, ainsi que la confiscation des ordinateurs, comme « illégales ».

Le procureur général de la République en charge de l’affaire, Souto Mora, a affirmé que l’enquête sur l’affaire de « l’Enveloppe 9 », dont le nom est tiré de l’article publié par les journalistes inculpés, était « pratiquement terminée » et qu’il restait seulement à analyser leurs informations.


29 mars 2006

Reporters sans frontières demande aux autorités judiciaires de respecter le droit à la protection des sources

Reporters sans frontières apporte son soutien aux deux journalistes du quotidien 24 Horas, Jorge Van Krieken et Joaquim Eduardo Oliveira, poursuivis par la justice pour avoir publié le nom des propriétaires des numéros de téléphone de plusieurs personnalités qui pourraient être citées dans l’enquête sur le plus grand scandale de pédophilie du pays. Le 28 février 2006, le tribunal d’instruction criminelle de Lisbonne a ordonné la saisie de leurs ordinateurs, invoquant l’article 44 du code pénal et estimant qu’ils étaient coupables de « crime d’accès illégal à des données personnelles ». Le 13 janvier, les journalistes du 24 Horas avaient publié un article à sensation intitulé « 80 000 coups de fil passés par les plus hauts représentants du Gouvernement ont été enregistrés dans l’affaire Casa Pia ». Parmi les détenteurs de ces numéros de téléphone figuraient celui du président de la République. Ils provenaient de l’entreprise Portugal Telecom. La rédaction du journal a été perquisitionnée le 16 février et les ordinateurs des deux journalistes ont été confisqués.

« Nous apportons notre soutien aux journalistes et à la direction de 24 Horas, victimes d’une violation du secret des sources. Nous demandons aux autorités judiciaires de respecter ce droit pour les professionnels de la presse. Celui-ci doit prévaloir sur le crime reproché aux journalistes par le juge d’instruction, à savoir : avoir publié des fichiers de l’entreprise Portugal Telecom. De toute évidence, ce crime semble mineur par rapport aux informations données par les journalistes, dans une affaire grave concernant l’opinion publique », a déclaré Reporters sans frontières.

« Vu l’imbroglio judiciaire que présente l’affaire Casa Pia, la violation du secret des sources des journalistes de la rédaction du 24 Horas ne nous apparaît pas justifiée. Nous invoquons l’article 38-2 de la Constitution du Portugal sur la liberté de la presse pour faire respecter ce droit », a ajouté l’organisation.

L’affaire Casa Pia a éclaté en 2002 lorsque la presse portugaise a révélé les témoignages d’une centaine d’enfants ou d’adolescents qui se plaignaient d’agressions sexuelles. La Casa Pia est une institution caritative publique de jeunes orphelins et enfants défavorisés. Durant près de trente ans, plusieurs centaines d’enfants ont été livrés à des notables et abusés. Un premier procès pour pédophilie s’est ouvert le 23 septembre 2003 puis un deuxième, le 25 novembre 2004. Plusieurs personnalités du monde de la télévision ou de la politique ont été inculpées. L’enquête est toujours ouverte.

Une centaine de journalistes ont récemment signé une pétition demandant au gouvernement de soutenir la liberté de la presse, mise à mal dans cette affaire. Ils doivent être reçus devant la commission parlementaire des droits et libertés, le 30 mars. Les journalistes du quotidien 24 Horas ont fait appel de la décision du juge d’instruction autorisant l’accès à leurs sources. Leur requête a été acceptée et ils attendent leur comparution prochaine devant la cour d’assises.

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