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“L'expulsion de Paco Gómez Nadal et Pilar Chato signe un déni de liberté d'expression”

“L’expulsion de Paco Gómez Nadal et Pilar Chato signe un déni de liberté d’expression”

Publié le mardi 1er mars 2011.
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Arrêtés, le 26 février 2011, lors d’une manifestation des communautés indigènes contre la nouvelle loi minière, les journalistes espagnols Paco Gómez Nadal et Pilar Chato ont finalement été expulsés vers leur pays quarante-huit heures plus tard. Le couple, en transit au Costa Rica, a déclaré à la presse avoir accepté son rapatriement en raison des pressions exercées à leur encontre par les autorités panaméennes. Le rapatriement volontaire permet en droit aux intéressés de revenir au Panama dans un délai de deux ans contre quatre en cas d’expulsion.

“Malgré cette nuance juridique, il s’agit bien d’une mesure expulsion, politiquement motivée. Paco Gómez Nadal et Pilar Chato gênaient les intérêts du gouvernement panaméen en raison de leurs prises de position éditoriale en faveur de la cause indigène et de leur engagement au sein de l’organisation Human Rights Everywhere. Cet épisode marque un déni de liberté d’expression, sur une question d’intérêt public”, a déclaré Reporters sans frontières.

Cette double expulsion est l’occasion de rappeler à quels risques s’exposent les journalistes qui s’emparent de thèmes environnementaux sensibles. L’enjeu minier en est un, particulièrement en Amérique latine. Reporters sans frontières a plaidé la cause des journalistes défenseurs de l’environnement dans un rapport thématique couvrant plusieurs continents publié en juin 2010.


28.02.11 - Deux journalistes espagnols détenus lors d’une manifestation des communautés indigènes risquent l’expulsion

Paco Gómez Nadal et son épouse, Pilar Chato, risquent l’expulsion du territoire panaméen depuis leur arrestation, le 26 février 2011, lors de manifestations des collectifs indigènes contre la réforme du code minier aux alentours du Parlement. Reporters sans frontières estime suspecte et irrégulière la procédure engagé contre les deux journalistes, de nationalité espagnole, et demande à la Direction nationale des migrations d’annuler d’ores et déjà le placement en détention dont ils font l’objet.

Editorialiste du quotidien national La Prensa et collaborateur de plusieurs journaux étrangers, Paco Gómez Nadal est aussi connu pour son engagement auprès des populations indigènes. Ces prises de position lui avaient déjà valu des menaces de déchéance de son statut de résident comme il nous l’avait confié en juillet 2010.

A la suite de cette arrestation, le président Ricardo Martinelli a publiquement accusé Paco Gómez Nadal d’être un “agitateur” et d’avoir “incité” aux manifestations, ce que lui interdit sa qualité d’étranger. Les autorités panaméennes prétendent qu’un enregistrement vidéo en fournit la preuve. “C’est faux”, nous a rétorqué son avocate, Giulia de Santis, qui a pu visionner ces images. “Au contraire, le film montre des policiers avertissant Paco qu’ils vont charger les manifestants. Ils l’embarquent avec Pilar aussitôt après.” D’abord retenus dans les bâtiments du Parlement, les journalistes ont été transférés rapidement à la Direction nationale des migrations qui a émis contre eux un ordre de détention.

“Cette mesure est contraire à la loi, qui ne prévoit ce genre de mesure qu’en cas de séjour irrégulier. Or, Pilar et Paco séjournent légalement ici”, poursuit Giulia de Santis, pour qui “il y a une claire volonté politique de les expulser”. Notre analyse rejoint celle de l’avocate et nous considérons l’intervention publique de Ricardo Martinelli comme une atteinte au principe de séparation des pouvoirs.

Très sensible dans cette région du monde, le défi posé aux communautés par l’exploitation minière de multinationales expose particulièrement les journalistes qui s’emparent du sujet. Au Salvador, la station communautaire Radio Victoria, a été la cible de nouvelles menaces graves au mois de janvier dernier, ainsi que son avocat, Héctor Berríos.

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