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Un journaliste menacé après avoir écrit sur le "memogate"

Un journaliste menacé après avoir écrit sur le "memogate"

Publié le jeudi 24 novembre 2011.
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Reporters sans frontières est préoccupée par les menaces téléphoniques à l’encontre du journaliste de The News International, Mohammad Malick. Le 21 novembre 2011, le journaliste a reçu l’appel d’un numéro masqué, au cours duquel il a été menacé de mort.

"Nous demandons aux autorités pakistanaises de prendre sérieusement en compte les menaces reçues par Mohammad Malick et, dans les prochaines semaines, de porter leur attention sur la sécurité du journaliste. Nous ne voulons pas d’un autre drame tel que l’enlèvement et l’assassinat de Saleem Shahzad", a déclaré Reporters sans frontières.

"Le climat d’insécurité des journalistes dans le pays se poursuit sans qu’aucune mesure ne soit prise pour y mettre un terme. Il est urgent que le gouvernement réagisse. Il doit pour cela commencer à lutter contre l’impunité des attaques à répétitions à l’encontre des professionnels des médias. Si les auteurs et les commanditaires de ces crimes ne sont pas traduits en justice, l’auto-censure des journalistes, déjà très élevée, se généralisera", a ajouté l’organisation.

"Tu roules vite… attention tu pourrais avoir un accident", a déclaré une voix non identifiée au journaliste, basé à Rawalpindi (sud d’Islamabad), contacté par Reporters sans frontières.

"Je te préviens, tu devrais réfléchir" a-t-il ajouté, avertissant Mohammad Malick des répercussions auxquelles il s’exposerait s’il continuait à couvrir l’affaire du "memogate".

Ces menaces pourraient provenir d’une des agences des services de renseignement, et faire suite à sa couverture, à travers des articles et des interventions télévisées dans des émissions politiques sur Geo News TV, du récent scandale du "memogate". Cette affaire implique principalement l’ex ambassadeur du Pakistan aux Etats-Unis, Hussain Haqqani, contraint de démissionner après avoir supposément écrit un "mémo" au gouvernement américain demandant son appui face aux militaires pakistanais.

"J’ai déjà été confronté à ce genre de situations dans le passé, et ne les prenais pas au sérieux. Mais cette fois, j’ai pensé qu’il valait mieux avertir mes amis. Le jour de l’appel téléphonique, quand je quittais mon domicile pour aller travailler à la British High Commission, je me suis aperçu qu’une voiture blanche de marque Corolla attendait à l’extérieur de la résidence. Elle m’a suivi sur environ un kilomètre. Le lendemain, la voiture attendait encore à l’extérieur de mon domicile", nous a déclaré Mohammad Malick.

Le journaliste n’a pas donné de nom ni mentionné l’agence des services de renseignement mais a ajouté que "tout le monde (savait) qui (était) derrière ces agissements et pourquoi".

Par ailleurs, Reporters sans frontières appelle les autorités pakistanaises à rendre publics les résultats de l’enquête sur l’assassinat d’Hayatullah Khan, correspondant des quotidiens pakistanais Nation et Ausaf et photographe pour l’agence European Press Photo Agency (EPA), retrouvé mort, le 16 juin 2006, près de la ville de Mir Ali, dans la zone tribale du Nord-Waziristan.

Le gouvernement a le devoir de révéler les résultats de l’enquête sur la mort d’Hayatullah Khan. Sa famille attend de puis plus de cinq ans que la lumière soit faite sur cette affaire. L’organisation invite le ministre de l’information, Firdous Ashiq Awan, à intervenir dans les plus brefs délais pour rendre public le rapport d’enquête, et ainsi témoigner de la volonté du gouvernement de lutter contre l’impunité et les violences faites contre les journalistes.

Hayatullah Khan avait été enlevé dans la zone tribale du Nord-Waziristan le 5 décembre 2005. Le 16 novembre 2007, la veuve du journaliste, institutrice, avait été tuée dans l’explosion d’une bombe près du mur de sa chambre à son domicile. Le couple avait cinq enfants, âgés de 2 à 10 ans au moment des faits.

Le Pakistan est le pays le plus meurtrier au monde pour les professionnels des médias. En 2011, au moins huit journalistes on été tués en raison de leur activité professionnelle. Le pays est classé 151ème sur 178 pays, dans le classement de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières en 2010.

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