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L'un des journalistes les plus célèbres du pays menacé pour avoir évoqué le rôle politique des forces de sécurité

L’un des journalistes les plus célèbres du pays menacé pour avoir évoqué le rôle politique des forces de sécurité

Publié le vendredi 23 décembre 2011.
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Reporters sans frontières condamne fermement les menaces à l’encontre de Hamid Mir, célèbre présentateur de Geo TV, survenues le 20 décembre 2011, après avoir évoqué le rôle politique de l’armée dans son émission du soir.

"Une fois de plus, la sécurité physique d’un journaliste est menacée. Nous saluons le courage de Hamid Mir, qui a traité dans son émission d’un sujet sensible au Pakistan, celui des services de renseignement de l’armée. Nous accueillons avec satisfaction le fait que les hautes autorités du pays, par l’intermédiaire du président Zardari et du ministre de l’Intérieur Rehman Malik, prennent l’affaire sérieusement et assurent la sécurité du journaliste", a déclaré Reporters sans frontières.

Hamid Mir anime, cinq jours par semaine, Capital Talk, l’une des émissions les plus populaires du Pakistan. Suite à l’un de ces talk-show politiques, consacré au rôle politique de l’armée pakistanaise et au cours duquel a été évoquée les exactions présumées de l’armée au Baloutchistan, il a reçu des messages insultants et menaçants sur son téléphone portable. Il avait déjà reçu des messages similaires par le passé, d’ordinaire en provenance d’agences de renseignement.

Ces menaces seraient, selon le journaliste, directement en lien avec ses deux dernières émissions, qui ont abordé le rôle politique du directeur général de l’Inter-Services Intelligence (ISI), les services de renseignement militaires, Ahmad Shuja Pasha. Hamid Mir a directement imputé la responsabilité de ces menaces aux forces de sécurité du pays.

Le président Zardari a d’ores et déjà ordonné une enquête. Le ministre de l’Intérieur, Rehman Malik, a condamné les menaces et déclaré que le gouvernement assurerait la sécurité et la protection de Hamid Mir et de toute la communauté journalistique. Un comité parlementaire a été crée, dirigé par le chef de file de l’opposition, auquel le gouvernement a promis d’apporter toute son assistance.

Le Pakistan est le pays le plus meurtrier au monde pour les professionnels des médias. En 2011, dix journalistes ont été tués en raison de leur activité professionnelle. Le district de Khuzdar (sud-ouest du pays) figure parmi les dix lieux les plus dangereux pour les journalistes répertoriés par Reporters sans frontières.

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