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Irruption d'un groupe armé dans un meeting politique : un journaliste tué, un autre dans un état critique

Irruption d’un groupe armé dans un meeting politique : un journaliste tué, un autre dans un état critique

Publié le lundi 8 octobre 2012.
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Reporters sans frontières est horrifiée par la mort du journaliste de la chaîne de télévision privée Dharti, Mushtaq Khand, abattu le 7 octobre 2012, lors d’un raid meurtrier lancé sur un meeting politique organisé par le Pakistan People’s Party (PPP), à Khairpur (Sud-Est). D’autres journalistes auraient été blessés par balle durant l’attaque. Parmi eux, un journaliste de la chaîne de télévision Sachal, grièvement blessé, se trouve dans un état critique. Depuis le début de l’année, au moins neuf journalistes ont été tués en lien avec leur activité.

"Nous présentons nos condoléances à la famille et aux proches de Mushtaq Khand. Cet assaut visait non seulement les membres du Pakistan People’s Party mais aussi les journalistes venus couvrir la réunion, qui se trouvaient dans un espace séparé des membres du parti politique", a déclaré Reporters sans frontières.

"Nous accueillons favorablement l’annonce de la création d’une équipe d’investigation et l’arrestation par la police d’une dizaine de suspects, mais tenons à insister sur la nécessité d’identifier et d’arrêter les commanditaires de cette attaque. Le fait que les frais médicaux des victimes soient pris en charge et que des indemnités aient été promises aux familles ne doit pas exonérer les autorités d’un travail approfondi visant l’arrestation et la condamnation à des peines exemplaires de toutes les personnes impliquées dans cet attaque", a ajouté l’organisation.

"Rappelons que l’impunité quasi systématique dont jouissent les commanditaires des violences à l’encontre des médias est responsable d’un accroissement considérable de l’autocensure, observable dans tout le pays."

Dans la soirée du 7 octobre, un groupe de dix à douze individus ont fait irruption sur les lieux d’une réunion du Pakistan People’s Party organisée par Nafisa Shah, membre du parlement et fille du gouverneur de la province du Sindh, Syed Qaim Ali Shah. Les individus ont ouvert le feu sur les participants de la réunion, tuant six membres du PPP et blessant une douzaine de participants au total.

Selon le président de l’Union des journalistes de Karachi (affiliée à la Pakistan Federal Union of Journalists, PFUJ), G.M. Jamali, après avoir tiré sur les politiciens, les assaillants ont visé les journalistes parce qu’"ils étaient venus couvrir le meeting politique". Un des trois journalistes blessés, atteint de cinq balles, se trouverait actuellement dans l’unité de soins intensifs d’un hôpital local.

Reporters sans frontières apporte son soutien à tous les rassemblements d’indignation et de protestation organisés dans la province et le reste du pays par différentes organisations de médias et associations de journalistes. L’organisation réitère son appel aux autorités afin qu’elles prennent des mesures concrètes pour renforcer la sécurité des journalistes dans l’exercice de leur métier.

L’insécurité des professionnels des médias concerne l’ensemble du territoire national. Le 21 septembre dernier, Aamir Liaqat, chauffeur de la chaîne de télévision ARY News, a trouvé la mort après avoir reçu une balle dans la poitrine lors d’une manifestation contre le film “L’Innocence des Musulmans”, à Peshawar (nord du pays). Une semaine plus tard, le 29 septembre 2012, Abdul Haq Baluch, journaliste d’ARY News TV, du quotidien Daily Awan, et du journal Tawar a été tué par balles à Khuzdar, ville de la province du Baloutchistan (Sud-Est).

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