Omniprésent sur les médias qui lui attribuent tous les mérites, Karimov juge inacceptable la couverture des réalités sociales et économiques du pays. Le sous-développement, la condition de la femme, par exemple, sont des sujets trop loin de l’image de modernité que veut véhiculer le régime pour être tolérés. "Insulte au peuple ouzbek", voici le genre d’accusations retenues contre la photographe Oumida Akhmedova et le journaliste Khayroullo Khamidov pour leur traitement des problèmes sociaux, en 2010. Encore plus simple mais efficace : Elena Bondar et Viktor Krymzalov ont été condamnés à de lourdes amendes, début 2012, pour des articles qu’ils n’avaient pas écrits.
Tandis que le noyau dur des journalistes indépendants du pays se resserre, le travail des médias étrangers est devenu impossible depuis la répression sanglante de la révolte d’Andijan en 2005. Et depuis mars 2011, le despote de Tachkent tente de prévenir toute onde de choc des révoltes arabes. Avec l’expulsion de Human Rights Watch, le refoulement de journalistes à l’aéroport et l’interdiction pour les professionnels des médias officiels de s’entretenir avec des diplomates étrangers sans autorisation préalable, les contacts avec l’extérieur sont réduits au maximum. Pendant ce temps, la censure se renforce encore sur Internet, et les opérateurs de téléphonie mobile sont transformés en mouchards chargés de signaler la circulation de "contenus suspects" et de couper l’accès à Internet dès que les autorités le jugent bon.
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