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Multiplication des agressions de journalistes sur fond d'élections

Multiplication des agressions de journalistes sur fond d’élections

Publié le jeudi 24 février 2011.
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Reporters sans frontières est préoccupée par les agressions dont ont été victimes près d’une dizaine de journalistes lors des élections générales du 18 février 2011 et des élections régionales du 23 février.

"Les violences perpétrées à l’encontre des journalistes lors de ces deux journées électorales sont alarmantes. Elles ont atteint des proportions inquiétantes et semblaient ciblées. Les membres de la classe politique doivent à tout prix contrôler leurs mouvements d’humeur et appeler leurs partisans au calme et à la retenue, au nom de la liberté d’expression et du droit des citoyens à l’information. En aucun cas les professionnels des médias ne doivent devenir des boucs émissaires.", a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de l’organisation.

"Les médias ougandais semblent faire l’objet d’une haine profonde de la part d’une partie de la classe politique et l’impunité risque de devenir la règle. Nous appelons la justice du pays à faire preuve d’une sévérité exemplaire et à poursuivre les responsables des attaques de journalistes", a-t-il ajouté.

Le 23 février, lors de la tenue du scrutin régional, sept journalistes ont été victimes de violences inouïes.

Des hommes armés de bâtons et proches d’un candidat du parti au pouvoir, Peter Ssematimba, ont tenté de lyncher six journalistes au bureau de vote de Kakeeka, dans le quartier de Lubaga à Kampala. L’agression semblait savamment orchestrée : mécontents de la couverture médiatique de certaines irrégularités des scrutins, les journalistes ont été attirés dans un véritable guet-apens : ils ont été conviés à se rendre au bureau de vote à 10 heures du matin pour assister au vote du candidat Peter Ssematimba. Ce dernier avait en réalité voté plus tôt que l’horaire fallacieusement indiqué. Ses partisans en ont profité pour s’attaquer aux forces de l’ordre puis aux journalistes.

Plusieurs d’entre eux ont dû être conduits à l’hôpital. Nixon Bbaale, cameraman pour Channel 44 TV, est dans un état très préoccupant suite à une blessure reçue à la tête. Brian Nsimbe, également de Channel 44 TV, a été blessé au bras, de même que Florence Nabukeera de Bukedde FM et Christine Namatumbwe de Metro FM. Cette dernière s’est, en outre, fait voler son matériel et ses effets personnels. Jane Anyango, journaliste pour la Uganda Broadcasting Corporation Television, a reçu de violents coups au visage et à la jambe. Lydia Nabazziwa, de Bukedde TV, a été sévèrement blessée à l’oreille.

Un septième journaliste, le photoreporter George Sidel Arinaitwe, du magazine Red Pepper, a été agressé par des partisans du président de la division centrale de Kampala, Godfrey Amooti Nyakana, au bureau de vote de Railway Park dans la capitale. Alors qu’il enquêtait sur de possibles fraudes, le journaliste s’est vu confisquer son matériel par Nyakana puis a été frappé par ses hommes de main.

Le 18 février dernier, deux journalistes qui couvraient les élections générales ont été agressés dans l’est du pays. Julius Odeke, journaliste freelance pour Red Pepper et le journal Razer, a été blessé d’une balle dans le genou. Gerald Mutembu, de la chaîne de télévision Wavah Broadcasting Service (WBS), a également été la cible de violences.

En 2010, deux journalistes ougandais ont été sauvagement assassinés de même qu’un militant des droits des homosexuels en janvier 2011.

Photo : AFP

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