Nigéria
Boko Haram
groupe islamiste
Multipliant les attentats à la bombe et les attaques suicide ayant visé notamment les Nations unies, des églises, et de nombreux commissariats de police, Boko Haram a aussi fait de la presse l’une de ses cibles. Le double attentat qui a frappé des bureaux de journaux, à Abuja et Kaduna, en avril 2012, lui est attribué. Fondé en 2002, par Mohamed Yusuf, à Maiduguri, capitale de l’Etat du Borno (Nord-Est), le groupe islamiste Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’awati Wal-Jihad ("Peuple engagé dans la propagation de l’enseignement du Prophète et du jihad"), plus connu sous le nom de Boko Haram ("L’éducation occidentale est un pêché"), prône un islam radical et rigoriste. Il a pour objectif de faire appliquer la charia dans tout le pays et accuse les médias de faire un traitement partial de son combat contre les autorités. "Nous avons maintes fois mis en garde les journalistes et les organes de presse d’être professionnels et objectifs dans leurs reportages. C’est une guerre entre le gouvernement du Nigeria et nous ; malheureusement les médias n’ont pas été objectifs et justes […], ils ont choisi de prendre parti". Ces mots sont d’Abul Qaqa, porte-parole du groupe qui a revendiqué l’assassinat, en octobre 2011, de Zakariya Isa, reporter et cameraman de la chaîne nationale
Nigeria Television Authority (NTA), abattu de plusieurs balles devant son domicile alors qu’il rentrait de la mosquée. La secte terroriste reprochait au journaliste de l’espionner pour le compte des forces de sécurité nigérianes, une accusation réfutée par ses collègues et les services de renseignements du pays. Plus tard, en janvier 2012, le correspondant de
Channels TV à Kano (Nord) a été abattu alors qu’il tentait d’interviewer des victimes de la série d’attentats suicides commise dans la ville par Boko Haram. Le groupe est suspecté de l’avoir éliminé pour l’empêcher de témoigner.
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