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Abdoulaye Tiémogo libéré après plus de deux mois de détention

Abdoulaye Tiémogo libéré après plus de deux mois de détention

Publié le mercredi 28 octobre 2009.
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Reporters sans frontières prend acte de la libération, le 26 octobre 2009, d’Abdoulaye Tiémogo, directeur de publication de l’hebdomadaire indépendant Le Canard déchaîné. Le journaliste, dont l’état de santé est fragile, était détenu depuis le 1er août.

Interrogé par Reporters sans frontières, Abdoulaye Tiémogo s’est dit heureux de retrouver les siens. "Je souhaite maintenant me reposer en famille, puis je verrai un médecin pour soigner mon paludisme et mes maux de ventre. Ensuite, je reprendrai le travail au journal. La détention était éprouvante. A Ouallam, nous étions presque une vingtaine dans des cellules prévues pour quatre ou cinq personnes", a-t-il confié.

"Depuis le premier jour de cette affaire, lors de la condamnation d’Abdoulaye Tiémogo puis lors de son transfert de l’hôpital de Niamey à la prison d’Ouallam, nous avons dit combien cet emprisonnement était injuste et choquant. Nous sommes bien entendu soulagés par sa remise en liberté, mais estimons cependant que cette décision aurait dû intervenir bien plus tôt", a déclaré l’organisation.

Le 26 octobre, la cour d’appel de Niamey a décidé de réduire la peine d’Abdoulaye Tiémogo à deux mois de prison ferme, tout en confirmant le chef d’accusation de "jet de discrédit sur un acte juridictionnel". Ayant déjà effectué 86 jours de détention, le journaliste a été libéré le jour même et a pu retrouver ses proches en début de soirée.

Le journaliste s’est dit victime d’un acharnement : "J’ai été arrêté cinq fois depuis 2000. En 2003, j’ai écopé de huit mois de prison ferme et j’ai dû, cette année, m’exiler au Mali pendant 7 mois. Cette nouvelle arrestation était pénible, d’autant plus que le chef d’accusation retenu contre moi était infondé."


01.09.2009 - Abdoulaye Tiémogo transféré de l’hôpital de Niamey à une prison de province

Reporters sans frontières est choquée d’apprendre que le journaliste Abdoulaye Tiémogo, récemment condamné à trois mois de prison et dont l’état de santé nécessite des soins, a été transféré de force, le 31 août 2009, dans une prison située à 100 km au nord de Niamey.

"A l’injustice, les autorités nigériennes ajoutent désormais la cruauté. Non seulement Abdoulaye Tiémogo est innocent, mais il est malade et nous exigeons qu’il reçoive les soins dont il a besoin. Ce transfert dans une prison de province est un scandale, d’autant plus qu’il éloigne le journaliste de sa famille", a déclaré l’organisation.

Le 31 août, vers midi, Abdoulaye Tiémogo, directeur de publication de l’hebdomadaire indépendant Le Canard déchaîné, a été arraché de force de son lit de l’hôpital principal de Niamey, par des éléments des Forces nationales d’intervention et de sécurité (FNIS, ancienne garde républicaine), et contre l’avis des médecins. En fin d’après-midi, Reporters sans frontières a appris qu’il était désormais détenu dans la prison d’Ouallam, dans une zone difficile d’accès, au nord de la capitale.

Pris de malaises dans sa cellule, il avait été admis à l’hôpital, le 23 août, après une crise aiguë de paludisme.


18.08.2009 - Un journaliste condamné à 3 mois de prison ferme

Reporters sans frontières condamne le verdict du tribunal de première instance de Niamey, énoncé le 18 août 2009 à l’encontre du directeur de publication de l’hebdomadaire indépendant Le Canard déchaîné, Abdoulaye Tiémogo, accusé de "discrédit sur une décision judiciaire".

"Cette condamnation jette, elle-même, le discrédit sur la justice nigérienne. Quinze jours après l’interpellation de huit directeurs de publication, un journaliste est condamné à une peine de prison ferme. Jusqu’où les autorités nigériennes peuvent-elles aller pour empêcher les journalistes indépendants de faire leur travail ?" , a déclaré l’organisation.

Le 18 août, Abdoulaye Tiémogo a été condamné à trois mois de prison ferme par le tribunal de première instance de Niamey. Le journaliste, qui a fait appel de la décision, est actuellement incarcéré à la prison de la capitale.

Jugé depuis le 11 août, il avait été arrêté six jours plus tôt. Cette arrestation fait suite à un article publié plusieurs semaines auparavant. Le texte commentait la décision du procureur, Abderamane Gayakoyi, qui avait émis un mandat d’arrêt international à l’encontre de Hama Amadou, ancien premier ministre accusé de corruption.

Le Niger connaît actuellement une situation politique très difficile. Pour pouvoir se maintenir au pouvoir, le président Mamadou Tandja souhaitait modifier la Constitution par voie de référendum. Le 29 juin, le chef de l’Etat avait dissous la Cour constitutionnelle qui, par trois fois, s’était opposée à ce projet.

Le 14 août, la nouvelle Cour constitutionnelle a validé les résultats du référendum du 4 août promulguant ainsi la VI° République et permettant au Président Tandja de rester au pouvoir encore trois ans avant d’être confronté à de nouvelle élection.

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