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A Niamey, Reporters sans frontières se félicite de l'amélioration considérable de la liberté de la presse depuis la fin du régime Tandja

A Niamey, Reporters sans frontières se félicite de l’amélioration considérable de la liberté de la presse depuis la fin du régime Tandja

Publié le jeudi 30 juin 2011. Mis à jour le lundi 12 septembre 2011.
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A l’issue d’une mission de cinq jours à Niamey, Reporters sans frontières a tenu une conférence de presse, le jeudi 30 juin 2011, à la Maison de la Presse du Niger, pour livrer les premières observations et conclusions de son enquête. Près d’une centaine de journalistes et de personnalités du secteur des médias étaient présents.

La délégation, composée d’Ambroise Pierre, responsable du bureau Afrique de l’organisation, et de Jean-Louis Saporito, membre du Conseil d’administration, a notamment été reçue par le ministre de la Communication, le ministre de la Justice, l’ancien chef d’Etat pendant la période de transition, le général Salou Djibo, et plusieurs partenaires du Niger. Elle a rencontré le Premier ministre et va s’entretenir avec les responsables du parti MNSD (opposition).

Enfin, la délégation a rencontré les responsables de l’Observatoire national de la communication (ONC, instance de régulation), ceux de l’Onimed (instance d’autorégulation), de la Maison de la presse, et a visité l’Institut de Formation aux Techniques de l’Information et de la Communication (IFTIC) ainsi que la grande majorité des médias de Niamey.

Malgré un environnement économique difficile, l’organisation a constaté une véritable diversité du secteur et une pluralité très intéressante de médias (en presse écrite comme en radio et en télévision), au sein desquels la liberté de ton est de rigueur.

Alors que la fin du régime de Mamadou Tandja avait été marquée par d’assez nombreuses violations de la liberté de la presse (séjours fréquents en prison pour des journalistes, médias harcelés et parfois suspendus par le CSC, organe de régulation de l’époque, etc), Reporters sans frontières n’a enregistré que de très rares incidents depuis le coup d’Etat militaire du 18 février 2010.

L’organisation salue la volonté affichée des autorités, tant celles de la transition que les nouvelles autorités élues depuis début 2011, de garantir la liberté de la presse.

L’année et demie écoulée a été marquée par plusieurs réussites et conquêtes fortes pour la liberté des médias. Reporters sans frontières a noté le comportement très satisfaisant des organes de presse, publics comme privés, pendant le processus électoral. Parmi les conquêtes, la réouverture de la Maison de la presse, dont l’activité en faveur des journalistes mérite d’être saluée, et bien sûr, la dépénalisation des délits commis par voie de presse, qui protège désormais les journalistes contre les peines privatives de liberté.

Malheureusement, une grande partie des journalistes nigériens et la majorité des observateurs du secteur des médias constatent, depuis la dépénalisation adoptée en juin 2010, une inflation dans le dénigrement et les articles à caractère diffamatoire.

"Dépénalisation ne signifie pas liberté de dire ou d’écrire n’importe quoi et de s’en prendre impunément à des individus, rappelle Reporters sans frontières. La dépénalisation est un acquis à défendre, mais elle va de pair avec la responsabilité." A ce titre, Reporters sans frontières salue la création de l’Onimed, un tribunal des pairs chargé de recevoir les plaintes contre des médias, de les instruire et de rappeler les journalistes aux règles d’éthique et de déontologie.

Reporters sans frontières publiera, fin juillet, un rapport qui précisera son analyse de la liberté de la presse au Niger, ainsi qu’en Guinée, où l’organisation a mené une mission comparable, courant mai 2011. Ce rapport détaillera l’ensemble des recommandations adressées aux autorités et aux médias des deux pays.

Cependant, dès aujourd’hui, à l’issue de sa mission à Niamey :

  • Reporters sans frontières encourage les plus hautes autorités du Niger à poursuivre leurs efforts et à confirmer leur engagement en faveur de la défense de la liberté de la presse. Le président de la République, Mahamadou Issoufou, a signé la "déclaration de la Table" en tant que candidat au second tour de l’élection présidentielle. Il peut désormais être le premier à le faire en tant que chef d’Etat élu.
  • L’organisation invite le gouvernement à envisager des mesures susceptibles d’améliorer l’environnement économique des organes de presse (augmentation du fonds d’aide à la presse, plus large ouverture de la publicité d’Etat aux médias privés, par exemple).
  • Reporters sans frontières salue les efforts des organes de régulation et d’autorégulation des médias (ONC et Onimed) et les soutient dans leur rôle de promotion de la liberté de la presse et d’assainissement du secteur des médias.
  • Enfin, l’organisation recommande aux journalistes de faire preuve de responsabilité et de garder constamment à l’esprit la mission d’information qui leur revient.

Photo : Le président Mahamadou Issoufou (AFP/ BOUREIMA HAMA)

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