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Le quotidien El Nuevo Diario dans la tourmente après ses révélations sur des affaires de corruption

Le quotidien El Nuevo Diario dans la tourmente après ses révélations sur des affaires de corruption

Publié le mardi 22 février 2011.
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L’année 2011 débute dans un fort climat de pression pour la rédaction du quotidien El Nuevo Diario. Deux enquêtes retentissantes sur des affaires de corruption, publiées en janvier et en février, ont valu des menaces de mort à leur auteur, Luis Galeano. La direction du quotidien dénonce également des entraves à l’importation des matières premières nécessaires à son impression.

Un message anonyme par téléphone est parvenu à Luis Galeano dans l’après-midi du 19 février 2011, l’avertissant qu’il lui restait “72 heures à vivre”. Le même jour, un inconnu d’une trentaine d’années s’est présenté à la rédaction pour remettre au journaliste un message de dénonciation contre El Nuevo Diario, sa direction et son rédacteur. Le message évoquait une tentative de corruption de la part du journal au sein du Conseil suprême électoral (CSE). Or, El Nuevo Diario s’apprêtait justement à publier, dans son édition du 20 février, des révélations sur des malversations impliquant le CSE et son président, Roberto Rivas.

“Je poursuivrai mon travail, mais devant la gravité de ces menaces, ma rédaction et moi-même allons porter l’affaire devant les instances interaméricaines, afin d’obliger les autorités à garantir notre protection”, a expliqué Luis Galeano à Reporters sans frontières. “Ces menaces ne sont pas les premières. J’en ai reçu d’autres du même type, en janvier dernier, à la suite d’une enquête sur un autre cas de corruption touchant la Direction générale des impôts (DGI), la Direction générale des douanes (DGA), et le ministère des Finances.”

El Nuevo Diario attribue aux trois administrations concernées des pressions supplémentaires pour bloquer sa parution. “Nous avions déjà des difficultés pour nous approvisionner en matières premières, comme le papier et l’encre. Et notre enquête sur les malversations de la DGI et de la DGA les a aggravées”, nous a confié Francisco Javier Chamorro, le directeur du quotidien.

Alors que la Constitution nicaraguayenne dispose que les médias sont exonérés de taxes à l’importation des matières premières, une loi votée en 2006 par la moitié de l’Assemblée nationale a réduit le montant de l’exonération à 2,5 % des revenus bruts annuels d’un support de presse. “Les recours en inconstitutionnalité déposés par plusieurs médias contre cette loi sont restés en suspens. Donc la loi s’applique toujours”, assure Francisco Javier Chamorro, qui se félicite d’un “important appui de la société civile en faveur du journal”.

Reporters sans frontières prie les autorités d’accéder au plus vite à la demande de protection formulée par El Nuevo Diario et son journaliste, Luis Galeano. Nous demandons qu’une enquête conduite y compris au sein des administrations concernées par les révélations du quotidien fasse la lumière sur l’origine des menaces. Enfin, nous plaidons pour le retrait d’une loi défavorable au fonctionnement de la presse écrite, dont l’inconstitutionnalité est manifeste.

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