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Le suspect principal de l'agression de Kishor Budhatoki arrêté

Le suspect principal de l’agression de Kishor Budhatoki arrêté

Publié le jeudi 25 août 2011.
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Reporters sans frontières félicite la police de Chainpur pour son arrestation, le 25 août 2011, de Vikash (Bikash) Rai, principal suspect de l’attaque, le 11 août 2011, de Kishor Budhathoki, journaliste du Himalayan Times et de l’Annapurna Post. Un deuxième suspect, Rupak Rai, arrêté le 19 août 2011, se trouve toujours en détention au commissariat de police de Chainpur, capitale du district de Bajhang (Nord-Ouest).

"Nous saluons les efforts de la police et demandons aux autorités de poursuivre leur enquête afin de traduire en justice la totalité des personnes impliquées dans l’attaque brutale de Kishor Budhatoki. Nous espérons également que la visite d’une équipe du haut commissariat aux droits de l’homme permettra de favoriser la mise en place de garanties pour la sécurité des journalistes," a déclaré l’organisation.

Tôt dans la matinée, une escouade de treize agents de police, sous le commandement du sous-inspecteur Mahendra Raj Karki, a arrêté Vikash Rai au domicile d’un de ses proches. Connu par la police locale et ayant déjà purgé plusieurs peines de prison, Vikash Rai a été emmené au commissariat central du district.

Selon les médecins, Kishor Budhathoki doit être hospitalisé pendant encore trois semaines à l’hôpital Nobel Medical College, à Biratnagar.


18.08.2011 - Forte dégradation des conditions de travail, les journalistes visés par les violences et les menaces

Depuis le début de l’année 2011, Reporters sans frontières a constaté une recrudescence des agressions et des menaces à l’encontre des professionnels des médias au Népal. Si la situation semblait s’améliorer en 2010, l’instabilité politique et le regain d’activités de plusieurs partis politiques et groupes armés mettent en péril la sécurité des journalistes, en particulier hors de Kathmandou, et portent atteinte à la liberté de la presse.

“Certains dirigeants politiques fournissent une protection politique à ceux qui menacent et attaquent des journalistes et des médias. L’incapacité du gouvernement à traduire en justice Parshuram Basnet, chef de la Youth Force, affilié au Parti communiste du Népal, parti de l’ex-premier ministre Jhala Nath Khanal, accusé d’être à l’origine du passage à tabac du journaliste Khilanath Dhakal à Biratnagar, favorise un climat d’impunité qui remet en cause les acquis des derniers mois en matière de respect de la liberté de la presse. Des membres des autorités, dont le surintendant adjoint de la Police (DSP) lui-même, ont dû être relevés de leur fonction au sein de la police de Morang après avoir facilité la fuite de Parshuram Basnet et de ses complices," a déclaré Reporters sans frontières.

"Le gouvernement népalais doit prendre des mesures contre toute collusion entre des représentants de l’Etat et des personnes recherchées par la justice. Il doit surtout assurer la protection des journalistes, en particulier face aux groupes qui agissent à des fins politiques,” a ajouté l’organisation.

Attaques physiques :

Le 11 août dernier, dans le district de Sankhuwasabha (Est), Kishor Budhathoki, journaliste du Himalayan Times et du quotidien Annapurna Post, a été brutalement attaqué à son domicile par dix individus armés, menés par Vikas Rai, criminel notoire dans la région, selon la police.

Ce dernier a été grièvement blessé à la tête, aux jambes et aux mains. Il a été transporté à l’hôpital Nobel Medical College à Biratnagar pour y être soigné. Les médecins ont déclaré que l’état de santé du journaliste était critique.

Cette attaque ferait suite à un reportage sur les violences domestiques, diffusé sur la station de radio Khandbari FM, dans lequel le journaliste dénonçait les violences exercées par Vikas Rai contre des femmes.

Six équipes constituées de membres de la police népalaise et de la force de police armée (Armed Police Force - APF) seraient chargées de rechercher et d’arrêter les coupables, toujours en fuite. L’officier en chef du district de Sankhuwasabha, Kailashnath Kharel, a déclaré que “tous les partis politiques du district ont exprimé leur volonté d’aider les autorités à arrêter les attaquants qui sont encore en liberté".

Le 6 août 2011, à Kathmandou, Manoj Ghimire, journaliste du quotidien national Rajdhani, a été violenté par l’inspecteur de police Hari Bashyal alors qu’il couvrait un événement sportif. Il s’est ensuite vu empêcher d’accéder au stade par des agents de sécurité.

Quatorze journalistes ont également été malmenés, le 19 juin 2011, dans le district de Chitawan. Lors d’une rencontre informelle entre des employés du péage routier d’Aaptari et les journalistes dans les locaux de la police, les employés ont perdu patience face aux journalistes qui leur ont demandé des explications sur des ponctions d’argent illégales levées par ces derniers aux péages. Les employés ont présenté par la suite leurs excuses aux journalistes.

Un groupe non identifié a jeté d’un ravin Bimal Hamal et Suman Malla, journalistes basés dans le district de Mugu (région du Moyen-Ouest), le 2 juin 2011. Le même jour, Rajendra Awasthi, rédacteur en chef du quotidien local Angel Times, a été blessé au cours d’une agression menée par trois membres non identifiés d’un gang, à Mahendranagar (Extrême-Ouest).

Menaces :

Le 13 août 2011, le président de la Youth Association Nepal (YAN), Mahesh Basnet, a menacé de fermer le quotidien Nagarik et d’emprisonner son rédacteur en chef, Narayan Wagle. Lors d’un rassemblement de jeunes militants à Biratnagar (Est), il a déclaré : “Le jour où une nouvelle constitution sera adoptée, nous fermerons le quotidien Nagarik et enverrons l’éditeur en chef, Narayan Wagle, en prison”.

Il a aussi menacé de ne s’en prendre aux journalistes qui écrivaient contre Parshuram Basnet : “Nous allons régler nos comptes, tôt ou tard, sinon demain. Nous avons fait une liste de tous les noms. Nous montrerons ce qui se passe si une crapule (référence à Khilanath Dhakal, ndlr) s’en prend à nous”.

Le 8 août 2011, Santosh Yadav, reporter pour le quotidien national Rajdhani dans le district de Siraha (Sud), a été menacé de représailles par la Rajan Mukti Faction, groupe armé clandestin similaire au Janatantrik Tarai Mukti Morcha (JTMM). Le journaliste a déclaré que Vaskar Mukti, membre pivot du groupe, avait écrit sur Facebook : ”M. Santosh, j’ai entendu dire que vous travaillez pour la police. Il est certain que vous avez joué un rôle dans l’arrestation du leader du Morcha, Jay Mukti. Contactez-nous immédiatement. Sinon le haut commandement du Morcha prendra des mesures physiques contre vous".

Santosh Yadav a démenti ces accusations et a expliqué que le quotidien local Anukalpa, pour lequel il travaille également comme reporter, avait publié un article sur l’arrestation de Jaya Mukti par les policiers quelques semaines plus tôt, dont il n’était pas responsable.

Le 31 juillet 2011, Keshav Ghimire, rédacteur en chef du quotidien Fast Times, a reçu des menaces de la part du chef d’un gang local, Thaman Gurung. Le journaliste, basé à Dharan (Est), avait publié un article, le 29 juillet 2011, qui révélait que Thaman Gurung était responsable d’une agression contre un jeune dans la région.

Le 22 juillet 2011, Shreeram Sigdel, correspondant pour The Himalayan Times et le quotidien Annapurna Post dans le district de Nawalparasi (Centre), a été menacé de mort par le cadre local du parti UCPN (maoïste), Dronababu Shivakoti. Ces menaces auraient pour origine la publication par le journaliste d’une déclaration de Dronababu Shivakoti, en relation avec une affaire de contrebande impliquant un membre de la Young Communist League.

Le 21 juin 2011, l’homme d’affaires Raju Shrestha, a menacé de mort le rédacteur en chef du quotidien Nishpaksha Dhwani, basé à Nepalgunj dans le district de Banke (Moyen-Ouest), Udaya Singh Shrestha. Suite à un article publié par le journaliste, nuisant prétendument aux affaires du commerçant, Raju Shrestha avait menacé le journaliste par téléphone de le tuer.

Le même jour dans la région de Janakpur (sud-est de Kathmandou), l’organisation Terai Janatantrik Mukti Morcha (JTMM) a envoyé des lettres d’intimidation à plusieurs médias locaux, exigeant qu’ils publient en langue Maithili dans un délai de 35 jours.

Le Népal figure au 119ème rang au classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières en 2010.

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