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Reporters sans frontières demande des explications aux autorités après l'évasion de l'un des assassins de Carlos Cardoso

Reporters sans frontières demande des explications aux autorités après l’évasion de l’un des assassins de Carlos Cardoso

Publié le mardi 11 mai 2004. Mis à jour le mercredi 26 mai 2004.
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Reporters sans frontières est choquée par l’évasion, le 10 mai, d’Anibalzinho, l’un des assassins du journaliste Carlos Cardoso de la prison de haute sécurité de Maputo. L’organisation a demandé aux autorités de tout mettre en œuvre pour le retrouver et identifier les responsables de cette évasion.


26 mai 2004

Mardi 25 mai, Anibalzinho a été arrêté par Interpol à son arrivée à l’aéroport international de Toronto. Le ministre des Affaires étrangères du Mozambique, Leonardo Simao, a déclaré que des pourparlers avec les autorités canadiennes étaient en cours afin que l’assassin de Carlos Cardoso soit rapidement extradé. Par ailleurs, trois officiers de police mozambicains, suspectés d’avoir facilité son évasion, ont été interpellés. Pour Joaquim Madeira, procureur général, les forces de l’ordre ont encore une fois apporté une aide déterminante à Anibalzinho."Nous enquêtons pour savoir exactement à quel niveau de la hiérarchie la police est impliquée", a-t-il annoncé


11 mai 2004

Reporters sans frontières est choquée par l’évasion, annoncée par la police le 10 mai, d’Anibal Antonio dos Santos, plus connu sous le nom d’Anibalzinho, de la prison de haute sécurité de Maputo. Il avait été condamné, en janvier 2003, à 28 ans de prison pour l’assassinat du journaliste Carlos Cardoso.

« C’est la deuxième fois qu’Anibalzinho s’évade de la prison de haute sécurité de Maputo. Il ne fait aujourd’hui plus aucun doute qu’il bénéficie de complicités en haut lieu. C’est inadmissible et les autorités mozambicaines, qui se sont engagées à lutter contre l’impunité, doivent aujourd’hui tout mettre en œuvre pour le retrouver et identifier les responsables de cette évasion », a déclaré Reporters sans frontières.

« Cette évasion confirme la thèse, déjà développée par Reporters sans frontières dans un rapport en novembre 2003, selon laquelle un ou plusieurs commanditaires de l’assassinat de Carlos Cardoso sont toujours en liberté. Cette affaire n’est pas encore totalement élucidée », a ajouté l’organisation.

La police n’a donné aucun détail sur l’évasion d’Anibalzinho. Le criminel s’était déjà enfui, en septembre 2002, avant d’être repris en Afrique du Sud le jour-même de sa condamnation à 28 ans de prison pour l’assassinat de Carlos Cardoso.

Carlos Cardoso, directeur du quotidien Metical, a été assassiné, le 22 novembre 2000, sur l’avenue Martires de Machava à Maputo. Il était dans sa voiture avec son chauffeur quand deux hommes leur ont bloqué la route et ont ouvert le feu. Carlos Cardoso, touché de plusieurs balles à la tête, est mort sur le coup. Son chauffeur a été grièvement blessé. Avant sa mort, le journaliste enquêtait sur le plus gros scandale financier du pays depuis son indépendance : le détournement d’une somme équivalente à 14 millions d’euros de la Banque commerciale du Mozambique (BCM). Il avait notamment cité dans ses articles les noms des frères Satar et de Vicente Ramaya, trois hommes d’affaires très influents.

Le 31 janvier 2003, le tribunal spécial mis en place à Maputo pour juger les assassins du journaliste avait rendu son verdict : l’homme d’affaires Momade Abdul Satar a été condamné à 24 ans de prison ; son frère, Ayob Abdul Satar, ainsi que Vicente Ramaya, Manuel Fernandes et Carlos Rachid Cassamo, à 23 ans et demi de prison. Les cinq prévenus ont été reconnus coupables "d’homicide". Anibalzinho a été condamné à 28 ans de prison et 15 années de privation de ses droits civiques.

A plusieurs reprises, pendant les débats, deux prévenus avaient accusé le fils du chef de l’Etat, Nyimpine Chissano, d’avoir commandité l’assassinat de Carlos Cardoso. Fin décembre 2002, le procureur général de la République, Joaquim Madeira, avait annoncé qu’une nouvelle enquête était en cours pour déterminer l’éventuelle responsabilité de Nyimpine Chissano dans cette affaire. En novembre 2003, lors d’une mission de Reporters sans frontières, le procureur avait déclaré à un représentant de l’organisation : "Les investigations sont plus proches de la fin que du début."

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