Reporters sans frontières

Mise en examen du fils de l’ancien chef de l’Etat dans l’affaire Carlos Cardoso : Reporters sans frontières salue un “geste fort”

Publié le vendredi 12 mai 2006.
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Reporters sans frontières prend acte avec satisfaction de la mise en examen de Nyimpine Chissano, fils aîné de l’ancien président mozambicain Joachim Chissano, dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat, en novembre 2000, de Carlos Cardoso. La justice va ainsi pouvoir enquêter sur l’éventuelle implication du fils de l’ancien chef de l’Etat dans l’assassinat du plus célèbre journaliste d’investigation du pays.

“Cette première étape judiciaire, destinée à lever les doutes, est un geste fort, qui signifie que la justice mozambicaine a décidé que toute la lumière serait faite sur l’assassinat de Carlos Cardoso. Nous tenons à saluer cette avancée et encourageons les magistrats à continuer à faire leur travail dans un esprit d’équité et d’indépendance. L’impunité des assassins de journalistes - ceux de Norbert Zongo au Burkina Faso, ceux de Deyda Hydara en Gambie, pour ne citer qu’eux - est un phénomène qui gangrène l’Afrique. Le Mozambique doit continuer à montrer qu’il est décidé à être une exception exemplaire”, a déclaré Reporters sans frontières.

Le 9 mai 2006, le ministère public mozambicain a mis en examen Nyimpine Chissano pour avoir prétendument été l’“autorité morale” derrière l’assassinat de Carlos Cardoso, pour “complicité” et “divers crimes économiques”. Le bureau du procureur général a transmis le dossier à la Haute Cour de Maputo. Un juge doit maintenant entendre les parties avant de décider si le fils de l’ancien chef de l’Etat doit comparaître devant un tribunal.

Carlos Cardoso, directeur du quotidien Metical, a été assassiné le 22 novembre 2000 sur l’avenue Martires de Machava, à Maputo. Il se trouvait dans sa voiture avec son chauffeur quand deux hommes leur ont bloqué la route et ont ouvert le feu. Carlos Cardoso, touché de plusieurs balles à la tête, est mort sur le coup. Son chauffeur a été grièvement blessé. Le journaliste enquêtait alors sur le plus gros scandale financier du pays depuis son indépendance : le détournement d’une somme équivalente à 144 milliards de meticals (plus de 7 millions d’euros) de la Banque commerciale du Mozambique (BCM). Il avait notamment cité dans ses articles les noms des frères Satar et de Vicente Ramaya, trois hommes d’affaires très influents.

Le 20 janvier 2006, Anibal Antonio dos Santos Junior, dit « Anibalzinho », le chef du commando, a été définitivement condamné à près de 30 ans de prison. Au cours du procès des principaux prévenus, en janvier 2003, trois d’entre eux avaient accusé le fils du chef de l’Etat de l’époque d’avoir commandité l’assassinat. Convoqué en tant que témoin dans le procès d’Anibalzinho, celui-ci avait nié avoir jamais eu affaire au chef du commando. Il nie également avoir été en relation avec les frères Satar. Toutefois, il a été établi que Momade Assif Abdul Satar, dit “Nini”, l’un des commanditaires condamnés, a été en possession de plusieurs chèques signés par Nyimpine Chissano juste avant et juste après l’assassinat.

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