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Extradition sous haute surveillance de l'un des assassins de Carlos Cardoso

Extradition sous haute surveillance de l’un des assassins de Carlos Cardoso

Publié le mardi 25 janvier 2005. Mis à jour le mercredi 26 janvier 2005.
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Reporters sans frontières accueille avec satisfaction l’extradition du Canada vers le Mozambique, le 21 janvier, de Anibal Antonio dos Santos Junior, dit « Anibalzinho », l’un des assassins du journaliste Carlos Cardoso. Evadé de la prison de haute sécurité de Maputo en mai 2004, il avait été arrêté quelques jours plus tard à son arrivée à l’aéroport international de Toronto, où il avait demandé l’asile politique.

Reporters sans frontières accueille avec satisfaction l’extradition du Canada vers le Mozambique, le 21 janvier 2005, de Anibal Antonio dos Santos Junior, dit « Anibalzinho », l’un des assassins du journaliste Carlos Cardoso. Anibalzinho, évadé de la prison de haute sécurité de Maputo en mai 2004, avait été arrêté par Interpol quelques jours plus tard à son arrivée à l’aéroport international de Toronto, où il avait demandé l’asile politique.

Le criminel s’était déjà évadé de la même prison, en septembre 2002, avant d’être capturé à Pretoria, en Afrique du Sud, en janvier 2003, le jour même de sa condamnation à 28 ans de prison pour l’assassinat du directeur du quotidien Metical.

« Le retour d’Anibalzinho dans une prison du Mozambique est une bonne nouvelle, a déclaré Reporters sans frontières. Ses deux évasions, rendues possibles par des complicités au sein de la police, ont démontré qu’un ou plusieurs commanditaires de l’assassinat de Carlos Cardoso étaient toujours en liberté. Le nouveau procès annoncé doit donc faire toute la lumière sur cette affaire, qui n’est manifestement pas encore complètement élucidée. »

Dans la soirée du 22 janvier, près d’une trentaine de policiers ont été détachés au quartier général de la police de Maputo pour assurer la garde de l’assassin le plus connu du Mozambique. Selon l’Institut des médias d’Afrique australe (MISA), Anibalzinho est détenu sans droit de visite dans une cellule spéciale, sous très haute surveillance.

Son extradition a été rendue possible par le fait qu’Anibalzinho a abandonné sa demande d’asile politique au Canada, après que la Cour suprême du Mozambique avait décidé que toute personne condamnée par contumace à une peine de plus de deux ans de prison pouvait avoir droit à un nouveau procès. Les autorités canadiennes ont donné leur feu vert à son extradition le 14 décembre et le fugitif a été rapatrié à Maputo par un vol civil le 21 janvier, via Londres puis Johannesbourg, sous escorte de la police sud-africaine.

Selon l’hebdomadaire privé Mediafax, dès son arrivée à Maputo, Anibalzinho a refusé de se nourrir et exigé de rencontrer au plus vite le commandant général de la police, Miguel dos Santos. Il aurait menacé de se suicider si ses demandes n’étaient pas satisfaites. Dans la soirée du 22 janvier, il aurait longuement discuté avec deux officiers de police.

Carlos Cardoso, directeur du quotidien Metical, a été assassiné, le 22 novembre 2000, sur l’avenue Martires de Machava à Maputo. Il se trouvait dans sa voiture avec son chauffeur, quand deux hommes leur ont bloqué la route et ont ouvert le feu. Carlos Cardoso, touché de plusieurs balles à la tête, est mort sur le coup. Son chauffeur a été grièvement blessé. Le journaliste enquêtait alors sur le plus gros scandale financier du pays depuis son indépendance : le détournement d’une somme équivalente à 14 millions d’euros de la Banque commerciale du Mozambique (BCM). Il avait notamment cité dans ses articles les noms des frères Satar et de Vicente Ramaya, trois hommes d’affaires très influents.

Au cours du procès des cinq principaux prévenus, en janvier 2003, deux d’entre eux avaient accusé le fils du chef de l’Etat, Nyimpine Chissano, d’avoir commandité l’assassinat de Carlos Cardoso. Fin décembre 2002, le procureur général de la République, Joaquim Madeira, avait annoncé qu’une nouvelle enquête était en cours pour déterminer l’éventuelle responsabilité de Nyimpine Chissano dans cette affaire.

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