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Une journaliste emprisonnée pour diffamation

Publié le mercredi 5 mai 2004.
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A. Erdenetuya, 22 ans, journaliste pour le tabloïd Mongolyn Neg Odor (Un jour en Mongolie), a été reconnue coupable, le 27 avril 2004, de "diffamation" en vertu de l’article 111/2 du code pénal mongol. La cour du district de Bayanzurkh l’a condamnée à trois mois et un jour de prison ferme et une amende de 900 000 tugriks mongols (environ 670 euros). Elle est emprisonnée dans le centre de détention de Gants Khudag, en banlieue d’Oulan-Bator.

Sans se prononcer sur le fond de l’article incriminé, Reporters sans frontières regrette que la justice ait prononcé une peine de prison ferme à l’encontre de A. Erdenetuya et demande sa mise en libération sous caution.

L’organisation a également appelé le ministre de la Justice, Tsendiin Nyamdorj, à réviser la loi punissant la diffamation pour en supprimer les peines de prison. A maintes reprises, le rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté d’expression a exprimé son opposition aux peines de prison pour les délits de presse en estimant qu’il s’agit d’une sanction disproportionnée au regard du préjudice subi par la victime.

Reporters sans frontières en profite pour rappeler à la presse tabloïd l’importance du respect de la déontologie journalistique.

Dans son article, A. Erdenetuya imputait à D. Moron, député et ancien chef de la police, la paternité illégitime d’une jeune femme auteur d’un crime. Celui-ci s’en est défendu, ajoutant que son image était ternie par cette calomnie. Il a ainsi décidé de porter plainte pour diffamation et obtenu la condamnation de la journaliste. Celle-ci a fait appel.

A sa sortie de l’audience, A. Erdenetuya a été escortée en prison par une trentaine de policiers. La presse n’a pas eu le droit de l’interviewer et de la photographier. Une centaine de journalistes ont ensuite manifesté devant le tribunal, dénonçant une atteinte à la liberté de la presse. Les associations mongoles de journalistes ont également exprimé leur mécontentement.

Ce n’est pas la première fois, depuis le retour de la démocratie, qu’un journaliste est emprisonné pour diffamation. En juillet 2002, la rédactrice en chef du quotidien Ug, un tabloïd du Parti démocratique mongol, avait été condamnée à six mois de prison ferme pour avoir refusé de révéler ses sources, suite à la parution d’un article accusant, à tort, une jeune femme de propager le virus du Sida.

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