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La Moldavie : C’est où ? C’est quoi ?

Publié le mardi 18 mai 2010.
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Nom officiel : République de Moldavie

Superficie : 33 700 km

Population : 4,3 millions (Moldaves : 64 % ; Ukrainiens : 14 % ; Russes : 13 % ; Gagaouzes (Turcophones christianisés) : 3,5 % (soit environ 150 000 personnes).

Capitale : Chisinau (717 000 habitants en 2005)

Villes principales : Tiraspol (182.000 habitants en 1994, « capitale » de la Transnistrie), Balti (128.000 habitants en 2005), Tighina (ou Bender, 133.000 habitants en 1992)

Langue officielle : le moldave. Le russe est « langue officielle » de la région séparatiste de Transnistrie non reconnue par la communauté internationale.

Fête nationale : 27 août (jour de l’indépendance, acquise en 1991)

Transnistrie : République moldave du Dniepr. République non reconnue, à majorité slavophone. Le gouvernement communiste a fait sécession de Chisinau en 1991, au moment où la Moldavie accédait à l’indépendance. Tiraspol est la capitale de cette région séparatiste. Dans un entretien au quotidien roumain Romania, le ministre moldave des Affaires étrangères, Iurie Leanca, a affirmé, le 5 mai 2010, que « la Transnistrie fait partie de la République de Moldavie. Je ne vois aucune raison pour laquelle nous nous dédirions d’une partie de notre territoire et d’une partie de nos citoyens ». « Nous devons créer les conditions d’une réintégration. »

Cette division est perçue comme un obstacle à l’intégration à l’Union européenne.

Quelle est la situation de la presse dans le pays ? Y a-t-il une différence dans le traitement de journalistes d’un coté ou de l’autre du Dniepr ?

Interview d’un journaliste indépendant spécialiste de la Moldavie et de la Transnistrie (souhaitant rester anonyme pour des raisons de sécurité) :

La situation des journalistes est-elle différente, qu’ils travaillent à Chisinau ou à Tiraspol ?

La situation des journalistes à Tiraspol n’a rien à voir avec la situation actuelle à Chisinau. En Moldavie, depuis que la famille Voronin n’est plus au pouvoir, en 2009, les relations qu’entretiennent les médias avec l’Etat et les autorités se sont améliorées. Mais les autorités essaient tout de même de mettre la presse sous contrôle. Elles n’ont pas recours à la force, mais offrent des fonctions alléchantes à des journalistes indépendants de longue date.

A Tiraspol, c’est tout à fait différent. Tout d’abord, il faut noter l’absence d’institutions internationales : l’Onu (Organisation des Nations unies) ou l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) n’ont aucun accès à la Transnistrie. Le président Igor Smirnov et son entourage tiennent seuls les rênes du pays. La Transnistrie est une région militarisée placée sous le contrôle de la 14e division de l’armée russe. Par ailleurs, il faut noter que le pouvoir est concentré dans les mains d’anciens officiers du KGB et du GRU… Il n’y a pas de journaux indépendants, pas de parti politique indépendant, pas de police, de procureurs ni de juges indépendants.

Il est donc plus difficile d’exercer le métier de journaliste en Transnistrie ?

La majorité des journalistes travaillant en Transnistrie ont un autre emploi officiel. Si vous êtes un journaliste moldave, il est risqué de faire un reportage en Transnistrie, car vous courrez le risque d’être interpellé et retenu en détention plusieurs jours. Les journalistes étrangers ont besoin d’une autorisation écrite délivrée par le MGB, les services secrets moldaves, établissant qu’ils peuvent travailler dans une zone spécifique. Les personnes souhaitant faire un reportage indépendant doivent avoir un simple visa de touriste, et travailleront avec le risque de se voir confisquer leur matériel s’ils prennent des lieux ou des événements sensibles en photo.

Il y a cependant des exceptions pour lesquelles tout se déroule sans problème, mais ce n’est pas la majorité.

Quelle attitude les autorité adoptent-elles vis-à-vis de la liberté d’expression ?

Il n’existe pas de liberté d’expression telle qu’on l’entend en Europe. En Transnistrie, les services secrets contrôlent les ONG locales ainsi que les organisations de jeunesse. Il est arrivé que des militants pour la prévention du VIH soient détenus et passés à tabac dans les commissariats locaux, après avoir participé à des rassemblements internationaux. J’ai eu écho de tels cas.

Pensez-vous que la Russie influence la politique de la Transnistrie ?

Le Kremlin est la seule structure qui ait du pouvoir et un certain contrôle sur le président Smirnov. Plusieurs leaders politiques russes ont des contacts directs avec la région, et peuvent ainsi y avoir de l’influence. Actuellement, le Kremlin essaie de changer son image, de donner l’impression qu’il ne contrôle plus Smirnov, mais c’est faux.

Comment la situation évolue-t-elle ?

Au fil des années la situation n’a fait qu’empirer. Il y a quelques années, arrêter un journaliste était dangereux du fait des réactions de la communauté internationale. Mais aujourd’hui, ces réactions sont devenues inexistantes, et les abus passent inaperçus. Les journalistes et les organisations locales y ont une part de responsabilité : ils sont mal organisés et ne rendent pas les cas publics. Pour moi, l’arrestation d’Ernest Vardanean est une conséquence logique de l’immobilisme latent, mais c’est également un test de la part des autorités de Tiraspol : jusqu’où nous laissera-t-on aller ?

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