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Entrave à la distribution du mensuel Zócalo alors que la controverse postélectorale se poursuit

Entrave à la distribution du mensuel Zócalo alors que la controverse postélectorale se poursuit

Publié le lundi 3 septembre 2012. Mis à jour le jeudi 20 septembre 2012.
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La distribution de l’édition N°150 de la revue mensuelle Zócalo a été bloquée, au cours du mois d’août, par l’entreprise Intermex, propriété du groupe Televisa. Plus de 160 boutiques Sanborn’s n’ont pas été approvisionnées, comme elles auraient dû l’être, en exemplaires via Intermex. La direction de Zócalo, contactée par Reporters sans frontières, soupçonne fortement un lien entre ce boycott et les critiques formulées par le mensuel envers Televisa, en raison de sa couverture de l’élection controversée du 1er juillet 2012.

“La non-distribution constitue une forme de censure, et elle n’est malheureusement pas la première du genre. En juillet dernier, durant la période du scrutin, deux éditions de l’hebdomadaire Proceso n’avaient pu atteindre les kiosques de la société Soriana, elle-même mise en cause dans des affaires de fraude électorale à l’avantage du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) dont est issu Enrique Peña Nieto, candidat déclaré vainqueur à la présidentielle du 1er juillet. Là encore, le journal avait vivement critiqué l’attitude de Televisa durant la campagne. Zócalo doit pouvoir récupérer ses exemplaires invendus et obtenir un dédommagement à la hauteur du manque à gagner”, a déclaré Reporters sans frontières.

“Si elles sont avérées, les pressions éventuelles de Televisa sur les entreprises de distribution au détriment de certains médias représentent une atteinte caractérisée au pluralisme et une violation de la Constitution fédérale. Sommes-nous déjà revenus, avant même l’investiture présidentielle du 1er décembre prochain, à l’époque de la ‘dictature parfaite’ où le pouvoir et ses soutiens économiques décidaient de ce qui pouvait être diffusé ou non ? Une enquête indépendante doit déterminer pourquoi Zócalo, comme avant lui Proceso, ont subi ces entraves”, a conclu l’organisation.

Pour Carlos Padilla, directeur de Zócalo, il ne fait aucun doute que “la distribution de la revue a été suspendue à cause de sa Une, portant le titre ‘La télévision fait-elle les présidents ?’, et illustrée d’un logo de Televisa en forme d’œuf de dinosaure, d’où sort la silhouette d’Enrique Peña Nieto. Egalement en raison de la ligne critique que la revue a toujours maintenue face au duopole télévisé [Televisa et TV Azteca se partageant l’espace télévisuel – ndlr]”. Proceso avait, précédemment, fait sa couverture sur un logo de Televisa ceint de l’écharpe présidentielle.

Suite aux plaintes de lecteurs de Zócalo qui s’étonnaient de ne pas trouver l’édition du mois d’août dans les boutiques Sanborn’s, le personnel de la rédaction a appris, par Sanborn’s, qu’Intermex n’avait jamais livré les exemplaires. Intermex a alors tenté d’expliquer que son contrat avec Sanborn’s n’avait plus cours, un argument démenti par le Département des revues et cartes de Sanborn’s.

Zócalo a exigé, le 27 août, de Francisco Sanchez, directeur des ventes d’Intermex, la réexpédition des exemplaires retenus dans ses points de vente depuis le 6 août. La réponse se faisait toujours attendre le 31 août, alors que les rédacteurs et collaborateurs de la revue manifestaient devant le siège de Televisa. Ce même jour, le Tribunal électoral du pouvoir judiciaire de la fédération (TEPJF) a officiellement entériné les résultats du 1er juillet.

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