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Mise à mort du Journal Hebdomadaire : une semaine pour payer trois millions de dirhams de dommages et intérêts

Mise à mort du Journal Hebdomadaire : une semaine pour payer trois millions de dirhams de dommages et intérêts

Publié le samedi 23 décembre 2006.
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Le Journal Hebdomadaire a reçu le 18 décembre 2006 une notification de demande de paiement de trois millions de dirhams de dommages et intérêts. Reporters sans frontières appelle les protagonistes à trouver un terrain d’entente.

Le Journal Hebdomadaire a reçu la visite, le 18 décembre 2006, de deux huissiers de justice venus recouvrer la somme de trois millions de dirhams (270 000 euros) de dommages et intérêts que le directeur de publication, Aboubakr Jamaï, et l’un de ses anciens journalistes, Fahd Iraqi, ont été condamnés à payer en avril dernier suite à une plainte pour “diffamation” déposée par le centre européen de recherche, d’analyse et de conseil en matière stratégique (ESISC). Ils bénéficient d’un délai d’une semaine pour réunir la somme demandée.

“Nous sommes surpris par la décision de l’ESISC qui a affirmé à plusieurs reprises son souhait de trouver un terrain d’entente et de ne pas exiger le versement des dommages et intérêts”, a déclaré Reporters sans frontières.

“Comme nous l’avions déjà affirmé lors du verdict, cette décision est tout à fait disproportionnée. Plus qu’une sanction, elle représente la mise à mort de cette publication déjà contrainte à verser, il y a quatre ans, près d’un million de dirhams au ministre des Affaires étrangères à l’issue d’un premier procès en diffamation”, a ajouté l’organisation.

Dans un communiqué de presse, publié le 16 février 2006, le conseil d’administration de l’ESISC avait affirmé qu’il “renoncerait aux dommages et intérêts qui lui ont été alloués et se contenterait d’un dirham symbolique” si le Journal Hebdomadaire “reconnaissait ses fautes”. Lors du procès, l’avocat de ce centre avait demandé la somme de 500 000 euros. Le procureur du roi avait soutenu cette requête alors que rien ne l’y oblige. Cependant selon Ali Amar, directeur général du Journal Hebdomadaire, la rédaction avait proposé au responsable de l’ESISC la publication d’un droit de réponse qu’il n’a jamais utilisé.

Contacté par Reporters sans frontières à propos de cette affaire, le ministre de la Communication marocain, Nabil Benabdallah, a souligné qu’une entente devait être trouvée entre les deux parties. “C’est une décision de justice dans laquelle nous ne pouvons pas interférer. Mais je peux vous affirmer qu’au niveau du gouvernement nous ne souhaitons pas que cela ait un impact sur la survie du journal. Bien au contraire. Dans le processus démocratique dans lequel est engagé le Maroc, personne n’a intérêt à ce que le Journal disparaisse”, a indiqué le ministre.

Le Journal Hebdomadaire avait été condamné, le 18 avril 2006, par la cour d’appel de Rabat, à verser trois millions de dirhams de dommages et intérêts pour “diffamation” à l’encontre de l’ESISC. Ce centre de recherche avait déposé plainte contre l’hebdomadaire suite à la publication, dans l’édition du 3 décembre 2005, d’un dossier mettant en cause l’objectivité de l’une des études effectuées par cet institut sur le Polisario, un mouvement sécessionniste du Sahara Occidental. Par ailleurs, quatre jours avant le rendu du verdict, des manifestations hostiles avaient été organisées devant le siège du journal, suite aux rumeurs propagées par des sources malveillantes accusant ce dernier d’avoir publié les caricatures danoises du prophète Mahomet.

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