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Le procès du directeur de Tel Quel et Nichane reporté au 7 novembre

Publié le lundi 3 septembre 2007.
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Lors de la seconde audience, le 31 août 2007, le procureur du tribunal de première instance de Casablanca a demandé le report du procès d’Ahmed Benchemsi, directeur de publication des hebdomadaires Tel Quel et Nichane, au 7 novembre 2007.

Le procureur a demandé ce délai afin de prouver qu’il y avait récidive de la part du journaliste, Ahmed Benchemsi ayant déjà été condamné en 2005 à une peine avec sursis, pour diffamation. Le journaliste risque par conséquent la prison ferme.

Ses avocats ont dénoncé ce report et le non-respect de la défense, estimant que l’affaire était prête à être jugée.


07.08 - Le directeur d’un hebdomadaire risque jusqu’à cinq ans de prison pour “non respect du roi”

Reporters sans frontières est indignée par l’inculpation, le 6 août 2007, d’Ahmed Benchemsi, directeur de publication des hebdomadaires Nichane et Tel Quel, pour "manquement au respect dû à la personne du roi", en vertu de l’article 41 du code de la presse.

"Ahmed Benchemsi est un fervent défenseur d’une presse indépendante et audacieuse qui a su briser de nombreux tabous imposés aux journalistes marocains. Sa liberté de ton continue visiblement de déranger en plus haut lieu", a déclaré l’organisation.

"Les patrons de presse, mais également leurs imprimeurs, subissent de nombreuses pressions politiques et financières. Au Maroc, le code de la presse est un texte liberticide dans lequel les juges puisent allègrement pour faire condamner les journalistes. Par ailleurs, ce texte permet au gouvernement de faire saisir et détruire des publications, sans recours possible pour les victimes. Au cours de ces dernières années, la quasi totalité des journalistes poursuivis en vertu de l’article 41 ont été systématiquement condamnés. En réalité, les journalistes ne gagnent jamais les procès intentés par l’Etat à leur encontre", a ajouté Reporters sans frontières.

Ahmed Benchemsi a été convoqué, une première fois, le 4 août 2007, par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), suite à la saisie, dans les kiosques, de l’hebdomadaire arabophone Nichane, sur ordre du Premier ministre, Driss Jettou. Le journaliste a été interrogé jusque très tard dans la nuit. Le lendemain, il a été contraint de se présenter de nouveau à la BNPJ. Dans la même journée, des policiers se sont rendus dans les locaux de l’imprimerie IDEALE à Casablanca et ont saisi puis détruit tous les numéros de l’hebdomadaire francophone Tel Quel, sur ordre cette fois du ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa. L’un des responsables de l’imprimerie a également été entendu par la police dans le cadre de cette affaire.

Le 6 août, Ahmed Benchemsi a, pour la troisème fois, été convoqué par la police, puis transféré devant le parquet du tribunal de première instance de Casablanca, où il a été notifié de son inculpation pour "manquement au respect dû à la personne du roi", en vertu de l’article 41 du code de la presse. Dans un éditorial, publié dans les deux hebdomadaires, le directeur de publication de Nichane et de Tel Quel critiquait les propos du roi Mohammed VI lors de son discours du trône prononcé le 30 juillet, concernant les élections législatives qui auront lieu le 7 septembre prochain.

Tel Quel et Nichane ont été imprimés à 50 000 exemplaires chacun à l’occasion de la sortie d’un numéro spécial vendu pendant le mois d’août. La saisie des deux hebdomadaires représente des pertes financières estimées, par Ahmed Benchemsi, à près de 130 000 euros.

Joint par Reporters sans frontières, Youssef Ajana, propriétaire de l’imprimerie IDEALE, a déclaré que les imprimeurs marocains se trouvaient aujourd’hui dans une "situation délicate". Il a, par ailleurs, déclaré à l’Agence France-Presse avoir envoyé “pour avis et par précaution” aux autorités marocaines un exemplaire du Journal Hebdomadaire, dont la distribution dans les kiosques a de ce fait été retardée.

L’article 41 sanctionne les offenses envers le Roi et les membres de la famille royale d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende pouvant s’élever à 100 000 dirhams (l’équivalent de 10 000 euros). En vigueur depuis 2002, cet article a déjà permis de condamner un grand nombre de professionnels des médias.

Le procès d’Ahmed Benchemsi s’ouvrira le 24 août 2007.

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