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Le procès d’Ahmed Reda Benchemsi reporté sine die par la justice marocaine

Publié le jeudi 4 septembre 2008.
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Reporters sans frontières regrette vivement le report sine die du procès du directeur des hebdomadaires Nichane et Tel Quel, Ahmed Reda Benchemsi, poursuivi depuis l’été 2007 pour "manquement au respect dû au roi". Le président du tribunal de Casablanca a affirmé, avant la clôture de la séance, le 3 septembre 2008, que la "cour pourrait convoquer à nouveau M. Benchemsi, si tous les éléments du dossiers sont réunis".

"Nous accueillons cette décision avec prudence. Ce n’est pas en pratiquant la politique de l’autruche que la justice marocaine fera avancer l’état de la liberté de la presse dans le royaume. Nous attendons toujours du gouvernement d’Abbas El Fassi un réel engagement sur le terrain législatif. En attendant, Ahmed Reda Benchemsi reste passible d’une peine de prison pour avoir exprimé son opinion dans un éditorial", a indiqué l’organisation.

Contacté par Reporters sans frontières, Ahmed Reda Benchemsi a affirmé que ce report était "le signe que la justice cherchait manifestement à classer l’affaire sans avoir à la juger". "Je suis invité à prendre cette décision comme une volonté d’apaisement. Mais le juge peut décider de me convoquer quand il le voudra. S’il le fait, le procès reprendra et mes avocats, bien entendu, plaideront l’innocence" a-il ajouté.

Le patron de presse avait été convoqué au mois d’août 2007 par la brigade nationale de la police judicaire à Casablanca, après la publication d’un éditorial critique envers le discours du chef de l’Etat, le roi Mohammed VI, concernant les élections législatives de septembre 2007. Sur ordre du ministre de l’Intérieur, les numéros des hebdomadaires Tel Quel et Nichane avaient été saisis puis détruits dans les locaux de l’imprimerie Idéale. Ahmed Reda Benchemsi avait ensuite été inculpé, en vertu de l’article 41 du code de la presse, pour "manquement au respect dû au roi". Son procès s’était ouvert le 24 août 2007.

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