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Le journaliste Hamid Naïmi menacé dans l'enclave espagnole de Melilla

Le journaliste Hamid Naïmi menacé dans l’enclave espagnole de Melilla

Publié le vendredi 3 août 2012.
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Reporters sans frontières exprime sa vive préoccupation au sujet de la sécurité de Hamid Naïmi, journaliste marocain réfugié en France depuis 2005. Il est aujourd’hui menacé en raison de son activité professionnelle dans l’enclave espagnole de Melilla, au nord du Maroc.

« Sachant qu’il est sur le territoire espagnol, nous appelons les autorités locales à Melilla et le gouvernement de Mariano Rajoy à prendre les mesures nécessaires pour protéger ce journaliste. Hamid Naïmi subit une campagne de harcèlement quasi quotidienne et reçoit des menaces de mort alors que son seul tord est de tenir à sa liberté d’expression », a déclaré Reporters sans frontières.

Dans l’émission à laquelle il participe sur Popular TV Melilla, le journaliste se concentre essentiellement sur les affaires de corruption et de détournements de fonds publics par les hauts dignitaires du régime marocain, particulièrement dans la région du Rif limitrophe de Melilla. L’émission traite aussi des cas de vols, enlèvements et poursuites de berbères à la frontière entre l’Espagne et le Maroc. Ses propos, depuis le début de la diffusion du programme le 6 juillet 2012, lui valent d’être menacé au téléphone et suivi par des inconnus. Craignant pour sa sécurité, il s’est résolu à porter plainte contre X auprès de la police espagnole à Melilla.

Le journaliste, figure d’opposition identifiée, était à la fois propriétaire du journal Kawalis Rif, fermé en 2006 par le ministère de la Justice, mais aussi collaborateur pour plusieurs médias parmi lesquels la chaîne d’information France24 et le site d’information Maghreb.info.

Hamid Naïmi est réfugié et nécessite une protection. Ayant subi, à deux reprises, des agressions à Melilla, il redoute que cela ne se répète.

Abdelwafi Hartit, le directeur du programme Amazigh sur Popular TV Melilla, a organisé une conférence de presse, le 18 juillet, afin de dénoncer les menaces des services de renseignements marocains (DST), les pressions contre la liberté d’expression et, plus particulièrement, pour soutenir le journaliste Hamid Naïmi.

Le sort réservé par Rabat aux journalistes, net-citoyens et blogueurs depuis le début de l’année démontre que les craintes de M. Naïmi sont justifiées. Ses activités et son passif sont de nature à l’exposer à un risque réel pour sa sécurité.

Son cas démontre qu’il est très difficile pour les journalistes marocains de critiquer ouvertement le régime en place ou les services de renseignements (DST), bien décidés à faire taire toute voix dissidente.

(Crédit photo : MELMOTH, AFP)

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