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Un journaliste d'Utusan Malaysia, président de l'Union nationale des journalistes, risque d'être licencié pour avoir critiqué sa rédaction

Un journaliste d’Utusan Malaysia, président de l’Union nationale des journalistes, risque d’être licencié pour avoir critiqué sa rédaction

Publié le mardi 19 avril 2011. Mis à jour le mercredi 20 avril 2011.
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Reporters sans frontières condamne le traitement réservé à Hata Wahari, journaliste à Utusan Malaysia, quotidien basé à Kuala Lumpur, propriété de l’United Malays National Organisation (UMNO), parti politique au pouvoir depuis l’indépendance.

Le 14 avril 2011, une commission d’enquête composée des principaux responsables de la publication a rendu un avis dans lequel elle reprochait au journaliste, également président de l’Union nationale des Journalistes en Malaisie (NUJ), de “nuire à l’image du quotidien”. En 2010, il avait critiqué à plusieurs reprises l’éthique du journal, et lui reprochait notamment une couverture médiatique trop favorable à la coalition politique à laquelle appartient l’UMNO.

“En tant que président de l’Union nationale des journalistes, Hata Wahari a toute légitimité pour soulever les questions éthiques afférentes au journalisme. Bien que la direction du journal ne puisse intenter une action en justice, les critiques d’Hata Wahari, journaliste expérimenté, sont susceptibles d’entraîner son licenciement. Cela indique clairement la volonté de représailles de la part des responsables d’Utusan Malaysia, et traduit leurs relations trop intimes avec le pouvoir, a déclaré Reporters sans frontières. Nous rappelons qu’il est impossible d’avoir une presse libre et critique si les politiques interfèrent dans les affaires de la presse en Malaise.”

L’enquête interne dont a fait l’objet Wahari a été menée directement par le directeur général du Marketing, le chef de l’audit interne et le directeur financier d’Utusan Malaysia.

L’organisation a essayé de contacter les responsables d’Utusan Malaysia, qui ont refusé de commenter leur décision. Wahari a affirmé qu’il “s’attendai(t) au pire”. D’après lui, les sanctions seront prises conjointement par le président exécutif, le rédacteur en chef et le directeur exécutif d’Utusan Malaysia.

“En Malaisie, je suis protégé par la loi et ils ne peuvent pas me poursuivre en justice. En vertu de Loi sur les relations industrielles, je bénéficie d’une immunité et la seule façon dont ils peuvent m’atteindre, c’est par une enquête interne.”

Wahari, qui travaille à Utusan Malaysia depuis 1995, s’était attiré la colère de sa direction après avoir dénoncé l’absence d’indépendance de la rédaction. En septembre 2010, le journaliste a été élu à la tête de l’Union nationale des journalistes en Malaisie. L’enquête interne a débuté en janvier 2011 et les sanctions qui la concluent seront annoncées à la fin du mois d’avril.

Selon le site d’information Asia Sentinel, s’il est licencié, Wahari sera le troisième journaliste d’Utusan Malaysia à perdre son emploi pour ses activités syndicales. L’ancien président de la NUJ, Yazid Othman et le journaliste Amran Ahmad avaient été également remerciés par Utusan Malaysia. Par ailleurs, une page facebook en soutien a Wahari a été ouverte en janvier 2011.

La Malaisie occupe le 141e rang du classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières en 2010.

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