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Le studio de la radio Fréquence Plus vandalisé, trois membres du personnel blessés

Le studio de la radio Fréquence Plus vandalisé, trois membres du personnel blessés

Publié le lundi 17 mai 2010.
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Reporters sans frontières est profondément choquée par la violente agression du personnel de la radio Fréquence Plus et le saccage de ses locaux, le 15 mai 2010, par des militaires venus arrêter un leader de l’opposition, Ambroise Ravonison. Ce dernier participait en direct à un débat contradictoire avec deux autres personnalités malgaches.

"Les journalistes et les médias malgaches ne doivent pas être les victimes des règlements de comptes entre hommes politiques. Les circonstances de l’arrestation de ce leader d’opposition, au cours d’une véritable opération commando non sans dégât pour la presse, sont incompréhensibles et choquantes. Fréquence Plus a été prise en otage, son personnel a été agressé et une grande partie du matériel a été saccagée, obligeant ainsi la radio à interrompre pour une durée indéterminée ses programmes", a regretté l’organisation.

"Il n’y avait aucune déclaration enflammée. Ambroise était même plus calme par rapport à ses interventions lors des meetings", a affirmé le directeur de publication de Fréquence Plus, Mbinintsoa Ranaivoson. "J’ai suivi l’émission depuis chez moi. J’ai trouvé Ambroise très positif", a ajouté le propriétaire de la station, Wilson Ianona.

Le 15 mai, vers 14 heures, une dizaine de personnes armées, dont deux en tenue militaire, ont fait irruption dans les locaux de la radio Fréquence Plus, située dans le quartier populaire des 67 hectares. Ces dernières ont forcé la porte d’entrée et ont agressé à coups de crosse la journaliste Noéline Tombo. Celle-ci a eu l’épaule gauche fracturée et a dû être conduite d’urgence à l’hôpital où elle a passé la nuit.

Les militaires, des éléments de la Force d’intervention spéciale (FIS), sont ensuite montés au premier étage, où se trouve le studio d’enregistrement, et ont commencé à malmener le personnel de la radio ainsi que les invités présents pour l’émission "Tamberim-Baovao". "Je leur ai dit de ne pas toucher au personnel, mais en vain. Ils m’ont simplement menacé en pointant vers moi leurs armes", a déclaré à Reporters sans frontières Mbinintsoa Ranaivoson, qui animait l’émission. Johan Scatman, un technicien animateur, s’est évanoui à la suite des coups reçus à la tête et un autre technicien, Solofo, a eu le cuir chevelu ouvert après avoir reçu un coup de crosse.

Après avoir agressé les journalistes, les militaires s’en sont pris aux invités. Pierre Andrianantenaina, membre de la Haute Autorité de la Transition (HAT), n’a pas été inquiété, mais le docteur Joseph Randriamiarisoa, proche de l’ancien président Albert Zafy, a eu l’arcade sourcilière ouverte avant de pouvoir s’enfuir. Son accompagnateur, le docteur Harrison Razafindrakoto, a été interpellé et libéré en fin de journée. Il a reçu des coups violents sur la tête nécessitant un examen médical approfondi.

Ambroise Ravonison, président fondateur du Front Républicain Démocrate Légaliste et principale cible des militaires, a été violenté et emmené manu militari vers son domicile, où une perquisition s’est terminée par une mise sous scellés des lieux. A l’heure actuelle, Ambroise Ravonison est toujours détenu.

  • La salle d'interview
  • La salle où les techniciens ont été agressés
  • La porte d'entrée de la radio
  • Des cotons imbibés de sang jonchent le sol de la radio
  • Des traces de sang dans l'escalier

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