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La presse victime des tensions politiques

La presse victime des tensions politiques

Publié le vendredi 24 avril 2009.
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Le quotidien privé libanais Al-Diyar est censuré en Syrie depuis le 22 avril 2009

Reporters sans frontières condamne l’interdiction de publication dont fait l’objet, en Syrie, le quotidien privé libanais Al-Diyar depuis le 22 avril 2009, ainsi que les menaces qui visent son rédacteur en chef, Charles Ayoub. Cet homme politique libanais prosyrien a depuis plusieurs semaines signé des articles critiques à l’encontre de Michel Aoun, également prosyrien, l’accusant notamment de corruption. Les deux hommes politiques sont actuellement opposés dans la campagne électorale pour les législatives de juin 2009, dans la circonscription du Mont-Liban.

« A l’approche des élections, les tensions politiques au Liban se ravivent. L’interdiction du quotidien Al-Diyar en Syrie vient confirmer cette tendance. Les guerres partisanes devraient au contraire épargner les médias et laisser un espace pour l’expression des diverses opinions », a déclaré l’organisation.

Depuis que le rédacteur en chef de Al Diyar s’est positionné en adversaire politique de Michel Aoun, en se présentant également comme candidat prosyrien pour les prochaines élections législatives dans la circonsciption du Mont-Liban, la situation s’est dégradée pour le quotidien libanais : plusieurs numéros ont été censurés en Syrie au cours des derniers mois, les activités des journalistes sont surveillées. Charles Ayoub a été personnellement menacé de mort s’il ne cessait pas ses éditoriaux polémiques. L’interdiction de publication du quotidien en Syrie depuis le 22 avril, et ce pour une durée encore indéterminée, renforce la conviction que le camp pro-syrien s’oppose à la candidature de Charles Ayoub dans la course aux législatives.

Contacté par Reporters sans frontières, Charles Ayoub se dit menacé, mais ne souhaite pas renoncer à son engagement : « Malgré les avertissements que j’ai reçus, je refuse de changer le contenu de mon quotidien. Je continuerai à donner mon avis sur les élections et les candidats, sur la corruption. J’ai par exemple proposé à Michel Aoun que, pour plus de transparence, tous deux nous publiions nos comptes bancaires. Je suis surpris de cette interdiction, mais c’est la censure qui décide. »

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