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L'exemple hongrois ferait-il des émules ?

L’exemple hongrois ferait-il des émules ?

Publié le vendredi 29 juin 2012.
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Reporters sans frontières exprime sa profonde inquiétude quant au précédent que constitue l’ingérence du Conseil national des médias électroniques et de masse (Nacionālā elektronisko plašsaziņas līdzekļu padome, NEPLP) dans la politique éditoriale de la radio publique Latvijas Radio.

« Les récriminations d’une membre du NEPLP quant au choix des invités d’une émission politique sur Latvijas Radio sont non seulement déplacées, mais aussi réellement inquiétantes. Cet incident jette la suspicion sur l’indépendance du NEPLP, dont la structure a été réformée par le Parlement en juillet 2010. L’exemple du Conseil des médias hongrois, organe politisé et tout-puissant, serait-il en train de faire des émules en Lettonie ? Pressions politiques, réformes ou projets législatifs… Les signes négatifs se multiplient à travers l’Union européenne, compromettant sérieusement l’efficacité des exhortations de Bruxelles à l’égard des pays candidats et partenaires. Au-delà du cas hongrois, il est urgent que la Commission européenne réagisse de façon déterminée à cette dangereuse tendance », a déclaré Reporters sans frontières.

Le 26 juin 2012, le célèbre journaliste Aidis Tomsons recevait dans l’émission « Krustpunkti », sur la station publique Latvijas Radio, trois personnalités ayant en commun d’avoir été de hauts conseillers d’anciens Premiers ministres lettons : Jurģis Liepnieks, Dans Titavs et Arnis Lapiņš. Tous trois appartenaient alors à des partis différents et sont désormais retirés de la vie politique.

Après la fin de l’émission, une membre du NEPLP, Aija Cālīte-Dulevska, a fait part de son mécontentement quant au choix des invités et menacé d’intervenir pour le restreindre à l’avenir. « J’espère que Latvijas Radio va recevoir de l’argent [de la part de ses invités] », a-t-elle déclaré, accusant implicitement la chaîne de corruption.

Ces propos ont suscité l’incompréhension et l’indignation d’une grande partie de la profession. D’après la plupart des commentateurs, Mme Cālīte-Dulevska n’aurait pas toléré les propos critiques à l’égard du parti au pouvoir, Vienotība, tenus par les invités, dont un seul avait appartenu à un cabinet de la même couleur politique. « Ce qui se passe ici ressemble beaucoup à une pression politique », a déclaré Dzintris Kolāts, chef du service des informations a LTV et ancien directeur général de Latvijas Radio. Džeina Tamuļeviča, du quotidien Diena, s’interroge : « Des journalistes sont critiqués pour avoir laissé certaines personnes exprimer leurs opinions ? Vivons-nous vraiment en démocratie ? »

Depuis l’entrée en vigueur cette année de la réforme votée en juillet 2010, les membres du NEPLP sont désignés par le Parlement, après des consultations formelles avec des ONG. La plupart de ses membres sont des non professionnels considérés comme proches du parti au pouvoir, Vienotība.

Reporters sans frontières continuera de suivre avec attention l’évolution de la situation.

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