Reporters sans frontières

L’acharnement judiciaire contre Ilmārs Poikāns et Ilze Nagla doit immédiatement cesser

Publié le mercredi 25 août 2010. Mis à jour le jeudi 26 août 2010.
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Reporters sans frontières exige le classement sans suite de l’enquête criminelle ouverte à l’encontre du net-citoyen Ilmārs Poikāns et de la journaliste Ilze Nagla de la chaîne de télévision publique LTV1. Le 14 février 2010, Ilmārs Poikāns, agissant sous le pseudo de Neo et se présentant comme un membre d’une organisation pirate imaginaire appelée 4ATA, avait dénoncé via son compte twitter (twitter.com/neo4ATA) des problèmes de sécurité informatique au sein de l’administration fiscale. Des failles étaient présentes au sein du logiciel Electronic Declaring System (EDS) développé par la société A/S Dati Exigen et permettaient à des personnes non autorisées d’obtenir des informations confidentielles sur la situation fiscale personnelle de tous les contribuables.

Ilmārs Poikāns, qui travaille pour l’Intelligence Artificielle du Laboratoire Mathématiques et Institut de l’information (Université de Lettonie), avait pu obtenir près de 7,4 millions fichiers classifiés en utilisant un simple script informatique qu’il avait lui-même conçu. La journaliste

Ilze Nagla, qui travaille pour la chaîne publique LTV1, a été la première à s’intéresser au travail d’Ilmārs Poikāns en consacrant un sujet aux dysfonctionements d’EDS dans son émission ‘’De Facto’’. Ilmārs Poikāns et Ilze Nagla avaient été arrêtés le 22 mai 2010 pendant plusieurs jours avant d’être relâchés. Le domicile de la journaliste avait été perquisitionné et le compte twitter de Ilmārs Poikāns a été fermé par la police.

Nous sommes scandalisés par les pressions exercées contre Ilmārs Poikāns et Ilze Nagla à travers le maintien d’une enquête criminelle totalement injustifiée. Les faits rapportés par Ilmārs Poikāns et Ilze Nagla sont rigoureusement vrais et n’ont pas été contestés par les autorités. Nous exigeons que toutes les charges retenues contre eux soient immédiatement abandonnées. L’acharnement judiciaire qui a commencé en février 2010 n’a que trop duré et va à l’encontre de tous les standards européens en matière de liberté de la presse. Le scandale né des dysfonctionnements informatiques de l’administration fiscale ne relève pas de la responsabilité du net-citoyen et de la journaliste qui n’ont fait qu’user librement de leur droit d’informer sur une affaire qui relève très clairement de l’intérêt public.

Curieusement, alors que les poursuites engagées contre les deux journalistes sont maintenues, l’enquête ouverte contre les fonctionnaires de l’administration fiscale et contre l’entreprise privée A/S Dati Exigen a été tout simplement annulée. Trois fonctionnaires (Iveta Bērtulsone, Viesturs Šķiļs and Juris Stumps) ont reçu une simple sanction disciplinaire consistant à une réduction de 20% de leurs salaires pendant plusieurs mois.

Nous ne pouvons que condamner cette approche pour le moins étrange et très partiale des autorités lettones. Les personnes responsables des dysfonctionnements ne sont pas inquiétées alors que ceux qui ont légitimement informé leurs citoyens des risques qu’ils encouraient dans le respect de leur vie privé sont poursuivis. Les autorités semblent très curieusement attachées au silence médiatique dans cette affaire qui touche pourtant un des pans essentiels de la responsabilité d’un Etat.

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