Reporters sans frontières

Les trois employés du Media Monitoring Project relâchés sous caution

Les trois employés du Media Monitoring Project relâchés sous caution

Publié le mardi 20 décembre 2011.
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Reporters sans frontières prend acte de la remise en liberté provisoire, le 16 décembre 2011, à Gwanda (Sud), des trois membres du Media Monitoring Project of Zimbabwe (MMPZ), Fadzai December et Molly Chimhanda, responsables de plaidoyer, ainsi que Gilbert Mabusa, membre du Public Information Rights Forum Committee. Ces derniers étaient détenus depuis le 5 décembre. Ils ont été relâchés sur décision du juge de la Haute Cour de Justice, Nicholas Mathonsi, contre le paiement d’une caution de 50 US dollars.

Les trois défenseurs des droits de l’homme restent cependant accusés de "participation à un regroupement dans l’intention de promouvoir la violence publique, la rupture de la paix ou la bigoterie". Les autorités leur reprochent également d’avoir "sapé l’autorité ou insulté la personne du président Robert Mugabe". Ils devraient comparaître à nouveau le 15 janvier 2012.

Dans une autre affaire, le journaliste freelance Tapfuma Machakaire a été interpellé le 16 décembre, à Bulawayo, alors qu’il couvrait la réunion du Congrès des syndicats zimbabwéens. Il aurait été arrêté pour avoir pris des photos alors que la police mettait un terme à l’événement. Il a été relâché quelques heures plus tard, sans aucune charge retenue contre lui.


8.12.11 - Le Daily News et le Media Monitoring Project cibles d’une nouvelle vague de répression

Reporters sans frontières exprime son indignation et sa profonde inquiétude face à la nouvelle vague de répression qui touche, depuis une semaine, la presse indépendante et les défenseurs de la liberté d’expression au Zimbabwe. Les locaux du Media Monitoring Project of Zimbabwe (MMPZ) ont été perquisitionnés, son directeur interpellé, et trois membres de l’organisation sont toujours détenus dans l’ouest du pays. Deux journalistes du quotidien indépendant The Daily News ont également été interpellés.

"Depuis l’instauration du gouvernement d’union nationale, en février 2009, le Zimbabwe alterne entre périodes d’ouverture et retours en arrière. Les intimidations, perquisitions et harcèlements survenus cette semaine contre la presse indépendante et les défenseurs de la liberté d’expression sont le signe d’un durcissement du pouvoir. Ils visent à décourager les professionnels des médias de faire leur travail et à restreindre leur capacité à informer la population", a déclaré l’organisation.

"Les journalistes zimbabwéens ne bénéficient d’aucune protection. La législation draconienne sur la presse n’a pas été assouplie. Les forces de police et les services de renseignements n’ont pas abandonné leurs vieux réflexes répressifs. Nous demandons aux autorités de laisser travailler les journalistes, de libérer les membres du MMPZ toujours détenus et d’abandonner les charges qui pèsent contre eux", a ajouté Reporters sans frontières.

Le 6 décembre, le directeur du MMPZ, Andrew Moyse, a été arrêté dans les locaux de son organisation, à Harare, par cinq policiers de la section Droit et Ordre dirigée par l’inspecteur Phiri. Après avoir passé plusieurs heures en détention au commissariat central d’Harare, il a été libéré dans la soirée. Il est accusé de "publier et communiquer de fausses déclarations préjudiciables à l’Etat", en violation de la section 31 de la loi pénale de codification et réforme (Codification and Reform Act).

Le même jour, la police a procédé à une perquisition dans les locaux de MMPZ où plusieurs documents, DVD, et vidéos auraient été confisqués. Le mandat précisait que les policiers recherchaient tout type de matériel contenant des informations sur une révolte qui avait éclaté dans l’ouest du pays, dans les années 1980.

Le 5 décembre, trois membres du MMPZ à Gwanda (Sud), Fadzai December et Molly Chimhanda, responsables de plaidoyer, ainsi que Gilbert Mabusa, membre du Public Information Rights Forum Committee, avaient été arrêtés par la police, qui leur reproche d’avoir aidé à organiser un atelier d’éducation civique à Gwanda le 24 novembre 2011. Ils sont accusés d’avoir omis de prévenir de l’organisation de cette rencontre, en violation de la section 25 de la loi sur l’ordre public et la sécurité (Public Order and Security Act – POSA), alors même que la réunion n’était pas publique. Ils sont également accusés de "participation à un regroupement dans l’intention de promouvoir la violence publique, la rupture de la paix ou la bigoterie", en violation de la loi pénale de codification et réforme. Il leur est reproché d’avoir distribué du matériel illégal sous la forme de DVD appelant les médias à contribuer à des élections pacifiques à travers une couverture juste, précise et équilibrée des campagnes organisées par les différents partis.

Les trois défenseurs de la liberté d’expression sont toujours incarcérés. Une décision concernant leur demande de remise en liberté sous caution doit être prise le 9 décembre.

Quelques jours avant le MMPZ, l’équipe du quotidien The Daily News a fait l’objet d’intimidations par les forces de police et la justice zimbabwéenne. Le reporter Xolisani Ncube a été arrêté le 2 décembre 2011, à 9 heures 15, dans les locaux du journal, et conduit au commissariat central de Harare. Son rédacteur en chef, Stanley Gama, qui avait été convoqué dans le cadre de la même affaire, s’est rendu à son tour au commissariat en compagnie de son avocat Alec Muchadehama, où il a été arrêté et placé en détention. Les deux hommes ont été relâchés dans la soirée.

Tous deux sont poursuivis pour diffamation en vertu de la loi pénale de réforme et codification (Criminal Law (Codification and Reform) Act). Leur interpellation ferait suite à la publication, début novembre, dans les colonnes du journal, d’un article intitulé "Chombo se vante de sa richesse" (Chombo brags about wealth). Le texte faisait allusion à Ignatious Chombo, actuel ministre du gouvernement local et du développement rural et urbain.

Déjà le 11 novembre 2011, la police zimbabwéenne avait saccagé les locaux du journal The Standard avant d’arrêter, quatre jours plus tard, son rédacteur en chef, Nevanji Madanhire, et l’un de ses reporters, Nqaba Matshazi. Un article paru le 6 du même mois relatait la faillite d’une compagnie d’aide médicale, propriété du conseiller du gouverneur de la Banque du Zimbabwe, Munyaradzi Kereke. Tous deux ont été inculpés pour "vol de documents" en violation de la section 113 de la loi pénale de codification et réforme, ainsi que pour "diffamation criminelle" par la magistrate Sandra Mupindu, avant d’être libérés sous caution en attendant leur procès qui devrait s’ouvrir le 20 décembre. La police s’était à nouveau présentée au Standard, le 18 novembre, à la recherche de Madanhire, cette fois-ci pour un autre article paru le 1er octobre.

Le conseiller du gouverneur de la Banque du Zimbabwe, Munyaradzi Kereke, a, quant à lui, décidé de poursuivre The Standard et réclame un total de 9 millions de dollars de dommages et intérêts.

Photo d’un vendeur de journaux à Harare (Jekesai Njikizana / AFP)

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