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L'Asie orientale et le Moyen-Orient sont les pires régions au monde

L’Asie orientale et le Moyen-Orient sont les pires régions au monde

Publié le lundi 25 octobre 2004. Mis à jour le mercredi 17 octobre 2007.
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Reporters sans frontières publie son troisième classement mondial de la liberté de la presse. C’est en Asie orientale (Corée du Nord, Birmanie, Chine, Viêt-nam et Laos) et au Moyen-Orient (Arabie saoudite, Iran, Syrie et Irak) que la liberté de la presse est le plus menacée. En tête de ce classement, on retrouve majoritairement des pays d’Europe du Nord (Danemark, Finlande, Irlande, Islande, Norvège, Pays-Bas), véritables havres de paix pour les journalistes.

Reporters sans frontières publie son troisième classement mondial de la liberté de la presse. C’est en Asie orientale (Corée du Nord, 167e en dernière position ; Birmanie, 165e ; Chine, 162e ; Viêt-nam, 161e ; Laos, 153e) et au Moyen-Orient (Arabie saoudite, 159e ; Iran, 158e ; Syrie, 155e ; Irak, 148e) que la liberté de la presse est le plus menacée. Dans ces pays, soit la presse indépendante est tout simplement inexistante, soit les journalistes sont soumis à une répression et à une censure quotidiennes. Ni la liberté de l’information, ni la sécurité des journalistes n’y sont garanties. En Irak, la guerre qui perdure est la plus meurtrière de ces dernières années pour la profession (44 tués depuis le début du conflit, en mars 2003).

Il reste malheureusement beaucoup d’autres points noirs dans le monde pour la liberté de la presse. Cuba (166e) est, après la Chine, la plus grande prison du monde pour les journalistes (26 détenus). Depuis le printemps 2003, ces journalistes indépendants croupissent en prison, après avoir été condamnés à des peines allant de 14 à 27 ans de réclusion.

Au Turkménistan (164e) et en Erythrée (163e), il n’existe aucune presse privée. Les habitants de ces pays n’ont aucune autre source d’information que les médias d’Etat, relais dociles de la propagande officielle.

En tête de ce classement, on retrouve majoritairement des pays d’Europe du Nord (Danemark, Finlande, Irlande, Islande, Norvège, Pays-Bas), véritables havres de paix pour les journalistes. Sur les vingt pays les mieux classés, seuls trois (Nouvelle-Zélande, 9e ; Trinidad et Tobago, 11e ; et le Canada, 18e) ne sont pas européens.

D’autres petites démocraties, souvent pauvres, se glissent également parmi les pays traditionnellement les plus respectueux de la liberté de la presse : El Salvador (28e) et Costa Rica (35e) en Amérique centrale, le Cap-Vert (38e) et la Namibie (42e) en Afrique, ou le Timor-Leste (57e) en Asie.

Pour établir ce classement, Reporters sans frontières a demandé à ses organisations partenaires (14 associations de défense de la liberté d’expression dispersées sur les cinq continents), à son réseau de 130 correspondants, à des journalistes, des chercheurs, des juristes ou des militants des droits de l’homme de répondre à 52 questions permettant d’évaluer la situation de la liberté de la presse dans un pays. 167 nations y apparaissent, les autres sont absentes, par manque d’informations.

L’impunité demeure au Proche-Orient
Le classement distingue l’état de la liberté de la presse en Israël (36e) et les exactions commises par l’armée israélienne envers la presse dans les territoires palestiniens (115e). Moins de journalistes ont été blessés par balles ou tués par l’armée israélienne. Néanmoins, aucune enquête n’a été ouverte sur le cas d’un journaliste palestinien tué à Naplouse et des dizaines de reporters continuent d’être menacés lorsqu’ils tentent de couvrir l’actualité du conflit au Proche-Orient.

Sur fond de chaos sécuritaire, les atteintes à la liberté et à la sécurité des journalistes palestiniens se sont multipliées depuis septembre 2003 en Cisjordanie et à Gaza. L’Autorité palestinienne (127e) n’a fourni aucun élément concernant une prétendue enquête sur l’assassinat d’un journaliste dans la bande de Gaza. Plusieurs locaux de médias ont été saccagés et près d’une dizaine de journalistes palestiniens agressés par des inconnus ou des groupes armés comme les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa.

Trop de journalistes privés de leur liberté
L’Iran (158e) est la plus grande prison du Moyen-Orient pour les journalistes (14 détenus). Non contents d’emprisonner à tour de bras, les conservateurs ont déclenché en 2004 une répression systématique des sites Internet qui ont fleuri après la suspension ou la fermeture de la plupart des journaux réformateurs du pays.

La situation s’est dégradée en Algérie (128e). La presse privée a été mise sous pression avant l’élection présidentielle d’avril 2004 avec des dizaines de journalistes convoqués par la justice. Depuis, le président réélu Abdelaziz Bouteflika tente de mettre au pas la presse privée. Quatre journalistes ou patrons de presse ont été condamnés à de lourdes peines de prison, dont trois pour des délits de presse, et sont toujours incarcérés. Les correspondants en province sont fréquemment l’objet des menaces de pouvoirs locaux. Au Maroc (126e) également, les autorités demeurent très susceptibles dès que la vie au Palais royal ou la question du Sahara occidental sont abordées dans la presse. Plusieurs journalistes sont abusivement poursuivis en justice et certains ont été condamnés à des peines de prison. Des journalistes étrangers ont été expulsés du pays.

Une presse indépendante inexistante
En Tunisie (152e), en Arabie saoudite (159e), en Syrie (155e) ou en Libye (154e), l’émergence d’une presse libre et indépendante reste un mirage. En Syrie, les ministres de l’Information changent, mais l’étau sur les médias ne se desserre pas pour autant. La seule information autorisée reste la propagande du parti Baas, au pouvoir, et les journalistes qui refusent l’autocensure sont vite contraints à l’exil. En Arabie saoudite, les médias sont tous directement ou indirectement contrôlés par la famille royale. Pour la première fois depuis des années, un journaliste occidental a été victime d’un attentat terroriste.

A l’inverse, le Liban (87e), malgré quelques cas d’intimidations, a retrouvé sa position de leader du monde arabe en matière de respect de la liberté de la presse.

Un conflit particulièrement meurtrier
Le comportement des Etats-Unis envers la presse en Irak est comptabilisé séparément (108e) de la situation générale dans ce pays (148e), l’un des plus dangereux au monde, tant pour les journalistes irakiens que pour les reporters étrangers. Tous sont menacés d’être pris pour cibles dans des combats ou des attaques de groupes armés. Six journalistes et collaborateurs des médias ont été tués par des tirs de l’armée américaine, sans que celle-ci ne mène de véritables enquêtes. Par ailleurs, les nouvelles autorités irakiennes n’ont pas encore instauré un cadre garantissant la liberté de la presse dans le pays, et ont même fait preuve de réflexes autoritaires envers les chaînes satellitaires arabes auxquelles elles reprochent une couverture proterroriste de la situation.

Bilan par région :

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Classement Afrique

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Classement Amériques

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Classement Asie

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Classement Europe

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Classement Moyen-Orient

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