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Report du procès du journaliste Mohammed Abdel Qader Al-Jassem

Report du procès du journaliste Mohammed Abdel Qader Al-Jassem

Publié le lundi 21 juin 2010.
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Le procès du journaliste Mohammed Abdel Qader Al-Jassem a été de nouveau reporté au 28 juin 2010. Le juge a décidé d’ajourner l’audience à la demande de la défense afin qu’elle ait le temps de prendre connaissance du rapport médical versé au dossier depuis le 7 juin.

A l’ouverture des débats, le juge a en effet refusé de permettre aux avocats la possibilité de consulter le rapport. D’après Sumayah Al-Jassem, fille du journaliste, contactée par Reporters sans frontières, la défense craint que le rapport ne soit politiquement orienté, afin de faire interner Mohammed Abdel Qader Al-Jassem à l’hôpital. Dans un article publié dans le journal Al-Aan, Nawal Al-Jarallah, femme du journaliste, a déclaré que Mohammed Abdel Qader Al-Jassem refuserait toute détention à l’hôpital.


07.06.10 - Extension de la détention de Mohammed Abdel Qader Al-Jassem

Reporters sans frontières exprime sa vive inquiétude suite à l’extension de la détention du journaliste Mohammed Abdel Qader Al-Jassem pour une durée de 15 jours. Le 7 juin, la cour criminelle a décidé de fixer la prochaine audience au 21 juin, afin que le journaliste prépare sa défense. Toutefois, elle a également ordonné son maintien en détention pendant cette période.

Le journaliste sera également examiné par une commission médicale pour diagnostiquer son état de santé.

« Dans une lettre envoyée à l’Emir du Koweït, Cheikh Sabah Al-Ahmed Al-Jaber Al-Sabah, le 3 juin 2010, nous avions demandé la remise en liberté du journaliste ainsi que l’abandon des charges retenues contre lui. Nous rappelons que la détention du journaliste, sans ordonnance du tribunal, est illégale. Nous demandons une nouvelle fois sa libération. »


25.05.10 - Les médias interdits de publier toute information relative à l’affaire du journaliste koweïtien

Le 24 mai 2010, Mohammed Abdel Qader Al-Jassem a été inculpé d’atteinte aux intérêts nationaux et au statut de l’émir.

Douze heures avant l’audience, le journaliste a été convoqué par la Cour criminelle. Il lui a été interdit de s’entretenir avec ses avocats.

"Mon père était menotté dans le dos et a eu les yeux bandés pendant trois heures avant d’entrer dans le tribunal", a déclaré sa fille. "En plus, il a été placé dans une cage installée dans la salle du tribunal avec des terroristes. Il a fait l’objet de mauvais traitements de la part des officiers", ajoute-t-elle.

La prochaine audience a été fixée au 7 juin 2010.

Reporters sans frontières a appris que le ministère de la Justice a adressé un communiqué au ministère de l’Information interdisant aux médias audiovisuels et à la presse écrite de publier toute information relative au procès de Mohammed Abdel Qader Al-Jassem.


18.05.10 - Un journaliste koweïtien placé en prison pour 21 jours

Le 16 mai 2010, au matin, Mohammed Abdel Qader Al-Jassem a été transféré à la prison centrale du Koweït, le procureur général ayant décidé son placement en prison pour 21 jours . Dès son premier interrogatoire, le journaliste a entamé une grève de la faim pour protester contre son arrestation et les accusations portées contre lui. Le 14 mai, son état de santé s’étant détérioré, il a été transféré à l’hôpital militaire et a dû recommencer à s’alimenter. Plusieurs avocats et des écrivains ont prévu de manifester le 18 mai pour demander la libération du journaliste, qui devrait être présenté devant le tribunal le 5 juin 2010.


12.05.10 - Un journaliste en grève de la faim pour dénoncer l’acharnement dont il fait l’objet

« Avec cette nouvelle convocation et ces interrogatoires sur des écrits remontant à 2006, il est clair que Mohammed Abdel Qader Al-Jassem est victime d’un véritable harcèlement de la part des autorités du pays. Cela doit cesser. Nous demandons la remise en liberté immédiate du journaliste et l’abandon de toutes les charges retenues contre lui », a déclaré Reporters sans frontières.

Le journaliste et écrivain Mohammed Abdel Qader Al-Jassem est entendu par le procureur du district depuis le 11 mai au ministère de la Sécurité nationale. D’après les médias locaux, le Premier ministre, Sheikh Nasser Mohamed Al-Ahmad A-Sabah, serait à l’origine de cette nouvelle convocation. Deux avocats sont présents aux côtés du journaliste. Sa famille n’a cependant pas pu entrer en contact avec lui.

Le journaliste a entamé une grève de la faim pour dénoncer un "procès politique".

« Le procureur l’a appelé, hier matin, pour lui dire qu’un mandat d’arrêt avait été délivré à son encontre, et qu’il était invité à se rendre au département de la Sécurité nationale… s’il ne voulait pas être arrêté à la maison », a déclaré Sumayah Al-Jassem, fille du journaliste, à Reporters sans frontières. « Il y est donc allé. Il était 13h quand l’interrogatoire a commencé hier. Cela a duré jusqu’à 3h du matin, et l’interrogatoire a repris ce matin. On ne sait pas combien de temps cela va durer. Mais d’après les avocats, ils reviennent sur l’ensemble des articles que mon père a écrits sur son site internet au cours des cinq dernières années (www.aljasem.org). Ils reviennent aussi sur un livre publié en 2006. Or il existe une loi dans notre pays qui stipule qu’une fois dépassé le délai de 90 jours après la publication d’un ouvrage, toute poursuite est illégale. Aussi mon père a-t-il déclaré son intention de porter plainte contre Sheikh Nasser Mohamed Al-Ahmed A-Sabah pour dépôt illégal de plainte ».

Reporters sans frontières rappelle que Mohammed Abdel Qader Al-Jassem avait été condamné, le 1er avril dernier, à six mois de prison ferme pour “calomnie“ à l’encontre du Premier ministre, Sheikh Nasser Mohamed Al-Ahmed Al-Sabah. Au cours de réunions publiques, il avait demandé la démission du Premier ministre, estimant qu’il n’était pas capable de gérer les affaires du pays. Le tribunal a toutefois assorti le jugement d’une clause suspensive jusqu’au procès en appel, fixant la caution à 5 000 dinars (environ 11 500 euros).

Il avait ajouté avoir reçu, indirectement, une lettre du directeur de la Sécurité nationale lui enjoignant de quitter le pays. Le journaliste avait refusé de s’y soumettre, dénonçant cette injonction sur son blog. « J’attends qu’on me convoque pour cette affaire-là », avait-t-il conclu ironiquement (http://fr.rsf.org/koweit-harcelement-judiciaire-d-un-01-04-2010,36928.html).

Reporters sans frontières rappelle que, le 16 avril dernier, le même Premier ministre koweïtien, Sheikh Nasser Mohammed Al-Ahmad Al-Sabah a été reçu à l’Elysée par Nicolas Sarkozy.

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