Reporters sans frontières

Toujours pas de réactions officielles face aux attaques contre Halil Matoshi

Publié le mardi 11 janvier 2011.
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Reporters sans frontières dénonce avec la plus grande fermeté la campagne de diffamation particulièrement violente menée depuis le 7 janvier 2011 par l’Association des anciens combattants de l’armée de libération du Kosovo (UCK) à l’encontre du journaliste Halil Matoshi. Dans un article paru le 6 janvier dernier dans le quotidien Koha Ditore, Halil Matoshi abordait les défis auxquels le Kosovo ferait face en 2011, s’intéressant plus particulièrement à « l’anarchie patriotique » que certains souhaiteraient arbitrer, en s’arrogeant le droit de distinguer les « bons » des « mauvais » patriotes. Le 7 janvier, l’Association des anciens combattants, dirigée par Muharrem Xhemajli, a publié un communiqué de presse accusant Halil Matoshi d’être « une de ces poubelles que les occupants nous ont laissées », insinuant au passage que le journaliste était un traître à la nation. Proche du parti majoritaire PDK (Parti démocratique du Kosovo), Muharrem Xhemajli avait, dans un registre identique, attaqué Albin Kurti, le leader du parti d’opposition Vetevendosje, l’accusant d’être un pro-slave."

« Nous appelons le Premier ministre Thaçi à se désolidariser publiquement des propos inacceptables tenus par l’association de Monsieur Muharrem Xhemajli à l’encontre de Halil Matoshi et du quotidien Koha Ditore. Le silence coupable qui accompagne cette affaire doit être brisé sans délai ; la classe politique toute entière a le devoir de répondre à ces menaces indirectes mais bien réelles. Les accusations de traîtrise ou la remise en question du patriotisme restent en effet autant d’appels au meurtre ou à une violence qui ne sauraient être tolérés. Faudra-t-il attendre la mort d’un journaliste pour que chacun mesure enfin toute la portée de ce genre de propos ? »

« Nous appelons les autorités à condamner sans ambiguïté l’instrumentalisation de la notion de patriotisme, tout spécialement quand elle vise à instaurer au sein des médias la censure. La symbolique de cette campagne contre la profession et les conséquences qu’elle peut entraîner ne doivent pas être négligés. Le prochain gouvernement devra prendre des positions claires et publiques en la matière s’il entend conserver une crédibilité dans ses engagements répétés mais peu souvent honorés en faveur de la liberté de la presse ».

« Nous appelons également Monsieur Pieter Feith, représentant spécial de l’Union européenne au Kosovo, à prendre position et à apporter tout son soutien à Halil Matoshi et à la rédaction de Koha Ditore. Disposant toujours à Pristina d’un pouvoir décisionnel, l’Union européenne doit faire preuve de fermeté face aux dérives nationalistes et rappeler aux autorités que la liberté de la presse constitue une des bases nécessaires à toute entrée du Kosovo dans l’Union européenne, quitte à prendre le risque de voir les autorités nationales retarder le traitement du dossier. »

Reporters sans frontières apporte tout son soutien à la rédaction de Koha Ditore et à Halil Matoshi qui reste l’un des analystes les plus respectés au Kosovo. Accusé de terrorisme par Belgrade, il fut le seul journaliste de Pristina emprisonné par le régime serbe au cours de la campagne aérienne de l’OTAN en 1999. Transféré et détenu pendant un an dans une prison en Serbie, il n’a dû sa libération qu’à la très forte pression internationale de l’époque.

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