Reporters sans frontières

Un journaliste violemment agressé à Och

Un journaliste violemment agressé à Och

Publié le mercredi 17 août 2011.
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Reporters sans frontières a appris l’agression particulièrement violente du journaliste ouzbek Shahruh Saipov à Och le 10 août 2011.

“Nous demandons l’ouverture d’une enquête sérieuse afin que les coupables soient retrouvés. Cette nouvelle agression fait écho à l’assassinat du frère de la victime en 2007. Le nombre des journalistes agressés au Kirghizistan, et en particulier à Och, ne cesse d’augmenter, dans un climat d’impunité totale”, a déclaré Reporters sans frontières.

Shahruh Saipov a été agressé par des inconnus vers 17h alors qu’il venait d’arriver à Och pour participer à un séminaire. Il a été retrouvé inconscient par des inconnus et hospitalisé. Il souffre de multiples blessures et a partiellement perdu la mémoire. Aucun de ses effets personnels n’a été volé, ce qui accrédite la thèse d’une agression pour des raisons professionnelles. Shahruh Saipov couvrait les problèmes politiques et sociaux dans son pays, depuis la mort de son frère, Alisher Saipov, journaliste assassiné en 2007 à Och et dont les assassins n’ont jamais été retrouvés.


21.06.2011-Trois journalistes agressés à Och, la série noire continue

Trois journalistes de la chaîne de télévision NTS ont été violemment agressés alors qu’ils couvraient une manifestation du parti nationaliste kirghize Ata-Jurt, le 20 juin 2011, à Och (Sud). Cet incident révèle une nouvelle fois l’insécurité à laquelle sont exposés les reporters au Kirghizistan et le rôle trouble des forces de police vis-à-vis d’eux.

“Nous sommes scandalisés par cette nouvelle agression contre des journalistes dans l’exercice de leurs fonctions au Kirghizistan. Les forces de police, qui ont failli à leur devoir d’assurer la sécurité des professionnels des médias pendant la manifestation, ont ensuite fait preuve d’une indulgence coupable envers les agresseurs, en leur fournissant des alibis et en refusant d’ouvrir une enquête. Aucun progrès n’a été fait dans les enquêtes sur les agressions commises au cours des derniers mois. Bien au contraire, l’impunité dont bénéficient les auteurs d’exactions contre les professionnels des médias se développe de manière préoccupante. Malgré les déclarations officielles et les appels de la communauté internationale, les autorités semblent incapables de garantir la sécurité des journalistes. Si rien ne change, cette situation va finir par menacer le droit à l’information dans le pays”, a déclaré Reporters sans frontières.

Présents pour couvrir une manifestation de soutien à deux députés d’Ata-Jurt, Kamtchybek Tachiev et Jyldyz Djoldocheva, les journalistes Tchinara Sydykova, Aïjan Ismaïlova et le caméraman Vladimir Bezborodov ont été pris à partie par plusieurs manifestants et agressés, en présence des forces de police. Passé à tabac, Vladimir Bezborodov se trouve encore actuellement à l’hôpital.

Malgré un communiqué de la présidence de la République appelant les forces de police à “mener une enquête efficace et objective”, une déclaration officielle de la police en date du 21 juin exempte les agresseurs de toute responsabilité et accable les journalistes avec des allégations plus que douteuses. Les victimes sont accusées d’être venues à la manifestation sans accréditation, alors que celle-ci était un événement public, ne nécessitant aucune accréditation. Selon la version de la police, les journalistes auraient proféré des injures contre les manifestants, version qui serait corroborée par “onze témoins” participant à la manifestation, et n’auraient même pas été frappés. Enfin, toujours selon la police, le neurochirurgien de l’hôpital municipal aurait détecté une “névrose” chez Vladimir Bezborodov.

“L’argumentation déployée par la police dans sa déclaration officielle est non seulement fausse mais ridicule et outrageante pour les journalistes. Nous appelons les forces de l’ordre à ouvrir une enquête sérieuse pour retrouver les agresseurs des journalistes”, a conclu l’organisation de défense de la liberté de la presse.

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