Reporters sans frontières

Quand les journalistes ne peuvent pas faire leur métier

Quand les journalistes ne peuvent pas faire leur métier

Publié le jeudi 17 juin 2010. Mis à jour le vendredi 18 juin 2010.
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Alors que les violences se poursuivent, les médias sont plus que jamais empêchés de fonctionner dans le sud du Krighizstan. Infrastructures délibérément visées ou blocages résultant des échauffourées, les informations sont délivrées au compte-gouttes.

Dans un premier temps, ce sont les télévisions locales de Och qui ont été visées. TV Och, Mezon et Akhborot ont été pillées. Les deux dernières ont été incendiées et mises à sac, leurs ordinateurs et l’ensemble de leurs données ne sont plus utilisables. Ces trois télévisions sont des médias en langue ouzbèke, réprimés dès le début des affrontements.

Avant les événements du 10 juin, de nombreux journalistes participaient à un séminaire à Och. Dans l’état actuel des choses, il est difficile de savoir combien d’entre eux ont été évacués et pour quels médias ils travaillaient. L’ensemble des témoignages confirme que les rédactions du sud du pays recommandent aux journalistes de rester chez eux, de ne pas se mettre en danger en cherchant à couvrir à tout prix la situation. Les journalistes, locaux ou étrangers, ne se rendent pas ou peu dans les quartiers ou zones urbaines ouzbèkes, de peur d’être pris à partie.

Des informations parviennent à filtrer malgré tout, grâce à des professionnels des médias, qui, postés devant leurs fenêtres, font des états des lieux réguliers. Ils parviennent ainsi à transmettre de l’information à des sites comme Ferghana.ru, en les contactant par téléphone.

En Ouzbékistan, de l’autre côté de la frontière (désormais fermée), Reporters sans frontières exprime son soulagement à l’annonce de la libération d’Alexeï Volossevitch, le 16 juin 2010, aux alentours de 12h, heure locale.

Le journaliste ouzbek, indépendant et connu dans la région, a été interpellé par la police le 13 juin, alors qu’il venait couvrir l’arrivée de centaines de réfugiés d’origine ouzbèke, en provenance du Kirghizstan voisin. Il a été placé dans un centre de détention pour sans papiers et sans domicile fixe (ses papiers étaient dans un sac qu’il n’a pas eu le temps de prendre au moment de son arrestation). Les autorités ont déclaré qu’elles le libèreraient dès qu’elles auraient confirmation de son identité. Alors que ses collègues ont apporté son passeport le lendemain, le journaliste n’a été libéré que le 16 juin.

Reporters sans frontières se réjouit de la libération d’Alexeï Volossevitch, mais l’organisation regrette que les autorités l’aient empêché de faire son travail. Même dans une situation comme celle de ces derniers jours, le gouvernement d’Islam Karimov ne cesse de s’en prendre aux journalistes. L’arrestation puis la détention d’Alexeï Volossevitch peuvent être perçues comme un avertissement pour l’ensemble des journalistes qui souhaiteraient couvrir ces événements. Serait-ce la suite de la campagne contre la presse qui a repris de plus belle depuis janvier ?

Au Kirghizstan, les violences de ces derniers jours ont fait, selon le ministre de la Santé kirghiz, 178 morts et 1700 blessés. Le bilan serait plus lourd d’après les instances internationales comme le comité international de la Croix-rouge qui parle de « centaines de morts ».

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