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Reporters sans frontières appelle le PDG d’Origon à abandonner ses poursuites contre le journaliste Hiro Ugaya

Publié le vendredi 9 février 2007. Mis à jour le mardi 13 février 2007.
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Reporters sans frontières lance un appel au directeur général d’Oricon, Koh Koike, afin qu’il abandonne ses poursuites en justice engagées à l’encontre du journaliste freelance Hiro Ugaya. Ce dernier est accusé de "témoignage mensonger" et d’avoir fourni des informations falsifiées au magazine Cyzo. Le journaliste avait douté de l’authenticité de certains résultats des ventes d’albums de certains artistes produits par Oricon. La société a demandé 50 millions de yens, l’équivalent de 318 000 euros, de dommages et intérêts ainsi que des excuses du journaliste. A cela s’ajoute près de 7 000 000 de yens de frais d’avocat.

" La somme réclamée à Hiro Ugaya par Oricon est complètement disproportionnée et risque de ruiner ce journaliste indépendant. Alors qu’il est déjà difficile d’être journaliste freelance au Japon, ce type de poursuite en justice met à mal le travail d’investigation sur les entreprises privées", affirme l’organisation.

Le 17 novembre 2006, l’entreprise qui organise le "top 50" japonais, Oricon, a intenté un procès contre Hiro Ugaya devant une cour du district de Tokyo. Il est accusé d’avoir déclaré au journal Cyzo qu’Oricon gonflait certaines statistiques de ventes d’albums de groupes japonais et utilisait des méthodes parfois douteuses afin d’établir son "top 50". Hiro Ugaya a, dans le passé, déjà enquêté sur les activités d’Oricon.

Le journaliste freelance n’a pas écrit d’article sur cette affaire. Il n’a fait que répondre à des questions du magazine qui a retranscrit certaines de ses déclarations dans un article d’une vingtaine de lignes.

Koh Koike affirme que ce procès a pour but d’obtenir des excuses publiques de la part du journaliste afin de restaurer l’image souillée de son entreprise. Il a également dit qu’il annulerait les poursuites si Hiro Ugaya réfutait publiquement ses déclarations.

Cette affaire n’est pas sans rappeler celle de l’entreprise de crédit Takefuji qui avait également poursuivi en justice des journalistes indépendants, dont Katsuhisa Miyake, pour leurs articles sur des pratiques douteuses. Le procès, finalement gagné par les journalistes, avait duré plus de quatre ans.

Les défenseurs d’Hiro Ugaya dénoncent ces recours abusifs en justice contre des journalistes indépendants. Un proche du journaliste a affirmé que "ce processus d’intimidation est une violation sérieuse de la liberté d’expression et compromet l’avenir des journalistes indépendants".

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