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Reporters sans frontières préoccupée par un attentat contre le journal Nikkei

Publié le vendredi 21 juillet 2006.
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Dans la nuit du 20 au 21 juillet, un cocktail molotov a été lancé contre le siège du journal économique Nihon Keizai Shimbun (Nikkei) à Tokyo. Les auteurs n’ont pas été arrêtés, mais cet acte d’intimidation porte la marque des groupuscules d’extrême droite Uyoku.

Reporters sans frontières dénonce vivement cet attentat contre un média japonais. Même si la police n’a pas encore identifié les responsables et leurs motifs, il est probable que cette attaque soit liée à la parution dans le Nikkei d’un scoop sur l’attitude de l’ancien empereur Hiro Hito vis-à-vis du sanctuaire de Yasukuni.

« Les courageuses révélations du Nikkei portent ombrage aux groupes ultranationalistes, mais également au Premier ministre Junichiro Koizumi, qui se font un honneur de visiter ce sanctuaire controversée », a écrit l’organisation.

« Les ultranationalistes s’en sont déjà pris à la presse. En 1987, un journaliste du Asahi Shimbun avait été assassiné. Nous déplorons cet attentat, ainsi que les menaces et intimidations qui pèsent sur les journalistes accusés de souiller le passé impérial du Japon », a ajouté Reporters sans frontières.

« Il est impératif que le gouvernement garantisse la sécurité du Nikkei et identifie les auteurs de cette attaque. Nous suivrons de près l’enquête de la police », a conclu l’organisation.

Le 21 juillet à 2 heures du matin, un inconnu a lancé un cocktail molotov sur la façade du Nikkei, sans faire de blessés, ni de dégâts majeurs. Selon l’Agence France-Presse, la police a ouvert une enquête, notamment sur les liens possibles avec les récentes révélations concernant l’ancien empereur.

Sur la base du journal intime d’un proche d’Hiro Hito, le Nikkei avait affirmé que celui-ci avait refusé de se rendre à partir de 1978 au sanctuaire de Yasukuni après que les « âmes » de 14 criminels de guerre japonais avaient été inclus dans ce lieu de mémoire shintoïste.

Les attaques des Uyoku contre la presse sont restées largement impunies. Ainsi, la police a successivement fermé ses enquêtes, sans avoir obtenu aucun succès, sur la vague de violences contre le journal libéral Asahi Shimbun en 1988 et 1989, et surtout l’assassinat de Tomohiro Kojiri, reporter du même journal, le 3 mai 1987. Le groupe d’extrême droite Sekihotai avait revendiqué le crime, mais la police avait été incapable d’arrêter les assassins.

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