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Un délit de presse puni de prison dans un pays fondateur de l'Union européenne

Un délit de presse puni de prison dans un pays fondateur de l’Union européenne

Publié le jeudi 27 septembre 2012. Mis à jour le vendredi 28 septembre 2012.
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Reporters sans frontières dénonce avec force la condamnation d’un journaliste italien à 14 mois de prison ferme pour “diffamation aggravée”.

Le 26 septembre 2012, la 5e chambre de la Cour de cassation a confirmé la peine prononcée à l’encontre du célèbre journaliste Alessandro Sallusti, pour avoir permis la publication, en février 2007, d’un article paru sous un pseudonyme dans le quotidien Libero, dont il était alors directeur de publication. L’article en question commentait l’avortement d’une adolescente de 13 ans et avait alors été jugé diffamatoire à l’égard d’un magistrat de Turin (nord). Alessandro Sallusti, actuellement rédacteur en chef du quotidien Il Giornale (appartenant au frère de l’ancien président du Conseil, Silvio Berlusconi), a immédiatement annoncé qu’il démissionnait et qu’il comptait se conformer à la décision de justice. Dans la soirée, le parquet de Milan a cependant décidé de suspendre l’exécution de la peine. Le journaliste devra toutefois couvrir les frais de justice.

“Accorder un sursis à Alessandro Sallusti n’est en aucun cas une mesure suffisante, a déclaré Reporters sans frontières. Quel que soit l’article incriminé - et il ne s’agit pas ici de défendre cette publication -, le simple fait qu’un journaliste puisse être condamné à une peine d’emprisonnement pour un délit de presse est inacceptable. Une telle possibilité contredit la Constitution et les conventions internationales ratifiées par l’Italie, à commencer par la Convention européenne des droits de l’homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Tout au long de sa jurisprudence, la Cour européenne des droits de l’homme affirme avec constance que les délits de presse doivent être sanctionnés par des peines strictement limitées et proportionnées. En tout état de cause, l’emprisonnement est proscrit du fait de son caractère intimidant pour l’ensemble de la profession”, a rappelé l’organisation.

“Cette condamnation est d’autant plus dommageable que son retentissement dépasse largement les frontières italiennes. De quelle crédibilité dispose l’Union européenne lorsqu’elle demande aux pays candidats à l’adhésion ou à l’association d’appliquer les standards européens en matière de liberté de la presse, si un Etat fondateur se permet de les fouler aux pieds ? La justice italienne doit impérativement revenir sur cette peine indigne et dangereuse”, a conclu l’organisation.

(Photo : Il Giornale)

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