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Le tribunal de Tel Aviv ratifie l'accord passé par Uri Blau et le procureur

Le tribunal de Tel Aviv ratifie l’accord passé par Uri Blau et le procureur

Publié le lundi 3 septembre 2012.
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Reporters sans frontières prend acte de la décision du tribunal de Tel Aviv de ratifier, le 3 septembre 2012, l’accord passé entre Uri Blau, journaliste à Haaretz, et le procureur, le 5 juillet dernier. En vertu de cet accord, le journaliste a été condamné à quatre mois de travaux d’intérêt général. Peine qui sera effective à compter du 11 septembre prochain. Le journaliste, poursuivi pour "détention illégale d’informations secrètes, sans intention de nuire à la sécurité de l’Etat", risquait jusqu’à sept ans de prison (l’article 113-c du code pénal).

“La ratification, par le juge, de l’accord passé avec le Procureur constitue un réel soulagement en ce qu’elle permet à Uri Blau d’échapper à la prison. Elle met fin à une procédure ouverte à l’encontre du journaliste depuis 2009, a commenté Reporters sans frontières. Toutefois, la condamnation sur le principe constitue une violation flagrante de la liberté de l’information dans un pays démocratique”.

“Nous espérons que cette décision aura des conséquences positives sur le traitement, par la Cour suprême israélienne, de la demande de réexamen introduite par les avocats d’Anat Kam, actuellement incarcérée à la prison de Neve Tirza.”

Contacté par Reporters sans frontières, Uri Blau a déclaré “être soulagé, d’autant que le juge lors du rendu de son verdict a prononcé des paroles très fortes pour souligner l’importance du journalisme d’investigation dans une démocratie. J’espère qu’une fin favorable sera donnée à la demande d’Anat Kam.”


06.07.2012 - “Condamnation à l’amiable” d’Uri Blau

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Reporters sans frontières demeure circonspecte à l’annonce de la condamnation d’Uri Blau, journaliste au quotidien Haaretz, le 5 juillet 2012.

Accusé de “détention illégale de documents” classifiés par l’armée israélienne, le ministère de la Justice a annoncé que le journaliste serait finalement condamné à une peine de quatre mois de prison, qui devrait être convertie en travaux d’intérêt général, suite à un accord conclu entre l’intéressé et le procureur du tribunal de Tel Aviv.

“Si l’organisation est soulagée d’apprendre que le journaliste évite une peine de prison ferme qui pourrait aller jusqu’à sept ans, en vertu de l’article 113-c du code pénal, cet accord à l’amiable entre les deux parties est plus que contestable”, a déclaré Reporters sans frontières.

“Nous réitérons notre appel d’abandon total des charges qui pèse contre Uri Blau. Cette condamnation, certes moins sévère, constitue tout de même une sérieuse atteinte à la liberté de la presse. Désormais, l’avertissement est lancé aux journalistes : ceux qui osent s’appuyer sur des documents confidentiels connaissent les risques qu’ils encourent. Ceci, alors que la trop grande opacité du dispositif sécuritaire israélien rend impossible toute couverture journalistique digne de ce nom sans le recours à des documents classifiés ”, a ajouté Reporters sans frontières.

D’après l’Agence France Presse (AFP), Uri Blau plaidera coupable de “recel d’informations secrètes, sans intention de nuire à la sécurité de l’Etat”. Anat Kamm, soldate israélienne condamnée le 30 octobre 2011 à quatre ans et demi de prison ferme, assortis de dix-huit mois avec sursis, lui avait remis des documents classifiés dérobés à l’armée, relatifs aux exactions de Tsahal dans les Territoires occupés. Il avait repris ces éléments dans un article publié le 4 décembre 2008.


30.05.2012 : Un journaliste poursuivi pour détention illégale de documents confidentiels risque sept ans de prison

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Reporters sans frontières est très inquiète de l’annonce faite par le Procureur de l’Etat d’Israël d’engager des poursuites contre Uri Blau, journaliste au quotidien Haaretz, pour "détention illégale d’informations secrètes, sans intention de nuire à la sécurité de l’Etat". Le journaliste risque jusqu’à sept ans de prison, en vertu de l’article 113-c du code pénal.

“Ces poursuites, tout comme la condamnation d’Anat Kam en octobre 2011, constituent un avertissement clair à tous les journalistes utilisant des documents confidentiels comme base de leur travail. Il s’agit d’un signal inquiétant pour la liberté de la presse en Israël. Nous réitérons notre demande d’abandon des charges qui pèsent à l’encontre d’Uri Blau”, a déclaré l’organisation.

"M. Blau a détenu dans son ordinateur ces documents volés et ultra secrets, et n’a pas rempli son obligation qui était de les restituer aux autorités", précise le communiqué officiel du bureau du Procureur.

Le 3 novembre 2011, Reporters sans frontières avait adressé un courrier au Procureur général de l’Etat d’Israël, Yehuda Weinstein. “Les journalistes d’investigation sont les garants de la transparence, principe essentiel au bon fonctionnement démocratique. Ils font œuvre utile. Sa condamnation constituerait une atteinte grave à la liberté de circulation de l’information”, avait déclaré l’organisation.

Avant d’ajouter, "les documents concernés apportent à l’évidence un éclairage essentiel sur le fonctionnement de l’armée israélienne (...). Il n’est pas question de mettre en danger la sécurité du pays mais simplement d’exercer son droit à l’information sur un corps constitué de l’Etat".

Rappel des faits

Entre 2005 et 2007, alors qu’elle effectuait son service militaire, la journaliste Anat Kam a photocopié des documents militaires classés secret défense relatifs aux exactions de l’armée israélienne dans les Territoires occupés pour les transmettre à Uri Blau. Sur la base de ces documents, ce dernier a par la suite écrit plusieurs articles publiés dans le quotidien Haaretz à partir de la fin de l’année 2008, tous approuvés par la censure militaire, conformément à la loi israélienne. L’un de ces articles, paru en novembre 2008, révélait les méthodes expéditives de Tsahal, n’hésitant pas à recourir à des attentats ciblés contre les militants palestiniens, alors que leur arrestation était possible, violant ainsi une décision de la Cour suprême. Anat Kam a été condamnée, le 30 octobre 2011, quatre ans et demi de prison ferme, assortie de 18 mois avec sursis. Elle est actuellement incarcérée.

Crédit Photo : Tal Cohen

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