Reporters sans frontières

Récit des violations de la liberté de la presse en temps réel à Téhéran et dans le reste de l'Iran - JUIN 2009

Récit des violations de la liberté de la presse en temps réel à Téhéran et dans le reste de l’Iran - JUIN 2009

Publié le mercredi 1er juillet 2009. Mis à jour le mardi 15 décembre 2009.
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30 juin - 11h. Article du Figaro

Lire l’article de Delphine Minoui :

[http://www.lefigaro.fr/internationa...]


30 juin - 10h. Site du Guardian

Consultez le site du Guardian, qui montre le portaits des personnes tuées et des centaines d’autres arrêtées depuis le 12 juin 2009 :

[http://www.guardian.co.uk/world/int...]


30 juin 2009 - 9 h.

Mojtaba Pormohssen, journaliste pour plusieurs journaux réformateurs, collaborateur à la radio Zamaneh et rédacteur en chef du journal Gilan Emroz, arrêté à Rashat (nord du pays) le 15 juin 2009, a été libéré le 29 juin.


29 juin - 15h. Nouvelles arrestations et libérations de journalistes

Reporters sans frontières a appris l’arrestation, le 28 juin 2009, de Kambiz Norrozi, responsable du comité juridique de l’Association des journalistes iraniens, et d’Esmail Hagh Parast, journaliste au Farhikhtegan, interpellé le 22 juin.

Mojtaba Téhérani, journaliste du quotidien en ligne Sahamnewes ([http://www.etemademelli.ir/-&gt...]), a été arrêté le 27 juin au soir, alors qu’il quittait le siège du journal. Le lendemain, des agents du ministère des Renseignements ont perquisitionné son domicile, confisquant son ordinateur et ses CD d’archives.

Plusieurs autres journalistes et responsables de l’Association des journalistes iraniens ont été convoqués par le tribunal révolutionnaire de Téhéran ou par le ministère des Renseignements, dont Mme Badrolssadat Mofidi, secrétaire générale de l’association, et Mashallah Shamsolvazein, le porte-parole. Ces journalistes ont été interrogés sans pour autant être inculpés.

Reporters sans frontières a appris la libération d’une vingtaine de journalistes et collaborateurs des médias. Alireza Behesti, l’un des collaborateurs de Mir Hossein Moussavi, et 22 collaborateurs du journal Kalemeh Sabz, arrêtés le 22 juin, ont été libérés le 28 juin. Trois responsables des pages d’information du journal sont toujours en détention. Karim Arghandeh, collaborateur des journaux réformateurs Salam et Vaghieh etafaghieh, et blogueur ([http://www.futurama.ir/-&gt ;htt...]), dont on était sans nouvelles depuis le 14 juin, a été libéré le 29 juin.


26 juin - 14h.

Reporters sans frontières a appris l’arrestation de Mehdi Zabouli, journaliste et photographe pour le quotidien Hamshahri, le 20 juin, alors qu’il était à hôpital. Blessé au cours des manifestations, il avait dû être hospitalisé. De nombreux patients ont été arrêtés le même jour.


25 juin - 12h30. Le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, a annoncé qu’il souhaitait se rendre en Iran, répondant à l’invitation du Prix Nobel de la paix, Shirin Ebadi. Celle-ci a déclaré à Reporters sans frontières : « Dans différentes rencontres que j’ai eues avec les responsables de l’Union européenne, j’ai insisté pour qu’ils condamnent les violations massives des droits de l’homme en Iran. J’ai également demandé au secrétaire général des Nations unies d’envoyer une mission d’enquête sur place. Je tiens à insister sur le fait que ce n’est pas un conflit politique, mais un nouvel épisode de violations massives des droits de l’homme en Iran. »


24 juin - 15h. Reporters sans frontières a appris la libération, le 18 juin 2009, de deux journalistes, Hamideh Mahhozi et Hossin Shkohi arrêtés le 16 juin dans la ville de Bushehr (sud-ouest de l’Iran).


24 juin - 11h. Arrêter toute une rédaction, c’est du jamais vu !

Vingt-cinq employés du journal Kalemeh Sabz, dont une vingtaine de journalistes. Depuis le 13 juin, suite aux pressions des autorités, ce journal, propriété de Mir Hossein Moussavi, avait cessé de paraître, sans pour autant être officiellement suspendu. La rédaction avait cependant l’intention de rependre ses activités, et de sortir un nouveau numéro pour le 23 juin. Le 22 juin au soir, des agents en civil du bureau du procureur de Téhéran ont encerclé le siège du journal, arrêtant toutes les personnes présentes. Le soir, Alireza Behshtipour Shirazi, le rédacteur du journal, a été arrêté en compagnie de son fils. Quelques minutes avant son arrestation, M. Shirazi avait confirmé, dans une interview à la radio Deutsche Welle, l’arrestation des ses collaborateurs plus tôt dans la journée.


23 juin - 15h.

Le journaliste gréco-britannique, Iason Athanasiadis, travaillant pour le Washington Times, a été arrêté le 22 juin 2009, à l’aéroport de Téhéran, alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays. Ce spécialiste de l’Iran parlant couramment farsi collabore avec de nombreuses publications.


23 juin - 12h.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, a appelé les autorités iraniennes à respecter les droits civiques et politiques fondamentaux, notamment la liberté d’expression, et d’information, et le droit de se rassembler librement.


23 juin - 11h.

Mostafa Ghavnlo Ghajar, collaborateur de plusieurs journaux et spécialiste des « médias étrangers » à la Radio Gotogo, a été arrêté le 22 juin à minuit à son domicile. Son blog est consultable sur : [http://www.ghajar.ir/-&gt ;http:... ]

Le journaliste independent Fariborez Srosh aurait été arrêté le mardi 16 juin. ce journaliste avait déjà arrêté et emprisonné pendant plusieurs mois du fait de sa collaboration avec la Radio farda (Radio Free Europe).


21 juin - 15h.

Le 21 juin, Jon Leyne, correspondant de la BBC, a reçu l’ordre de quitter le pays dans les vingt-quatre heures. Le journaliste est accusé de "soutien aux émeutiers" par les autorités, pour qui la Grande-Bretagne "comploterait" contre l’Iran.

Le correspondant de l’hebdomadaire Newsweek, Maziar Bahari, a été arrêté par les forces de la Sécurité à son domicile, le 21 juin, à 7 heures du matin.


20 juin - 15h.

Ali Mazroui, président de l’Association des journalistes iraniens, a été arrêté le 20 juin dans la matinée.

Bahaman Ahamadi Amoee et son épouse Jila Baniyaghoob ont été arrêtés à leur domicile à minuit, suite à une perquisition d’agents en civil du ministère du Renseignement. Lauréate en 2009 du Prix du Courage en journalisme, décerné par la International Women’s Media Foundation, Jila Baniyaghoob dirige un site d’informations de tendance féministe, Canon Zeman Irani ([http://irwomen.net-&gt ;http://i...]). Son mari, Bahaman Ahamadi Amoee, collabore à plusieurs publications proches du courant réformateur.


19 juin - 17h.

Mohammad Ghochani, rédacteur en chef du quotidien Etemad Meli, propriété de Mehdi Karoubi, l’un des candidats d’opposition à Mahmoud Ahamadinejad, a été arrêté, à deux heures du matin le 18 juin, à Téhéran.


19 juin - 15h.

Le 17 juin 2009, Saide Lylaz, journaliste au journal Sarmayeh, a été arrêté à son domicile de la capitale. Ce spécialiste des questions économiques s’est montré très critique envers la politique d’Ahmadinejad. Rohollah Shassavar, journaliste de la ville de Mashad, est détenu depuis la même date.


19 juin - 11h. Au moins cinq nouvelles arrestations. Les villes de provinces sont concernées

Quatre journalistes ont été arrêtés dans la ville de Boshehr (sud de l’Iran) le 16 juin 2009 :

  • Mme Hamideh Mahhozi
  • Amanolah Shojai, journaliste et blogueur
  • Hossin Shkohi, journaliste à l’hebdomadaire Paygam Jonob
  • Mashalah Hidarzadeh

Plusieurs arrestations ont eu lieu le 15 juin, dans la ville de Rashat (nord du pays). Parmi les personnes arrêtées, on recense de nombreux journalistes et blogueurs, dont Mojtaba Pormohssen, journaliste pour plusieurs journaux réformateurs, animateur à la radio Zamaneh et rédacteur en chef du journal Gilan Emroz. Le 18 juin, Mojtaba Pormohssen a été transféré à la prison de Lakan (ville de Rashat).


17 juin – 15h. Les Gardiens de la Révolution mettent en garde les sites d’informations

Le Centre de surveillance des délits organisés des Gardiens de la révolution a sommé par écrit tous les directeurs des sites de supprimer « les contenus invitant la population aux émeutes, propageant menaces et rumeurs ». Le communiqué, daté du 17 juin, ajoute avoir observé sur Internet “plusieurs cas de sites et blogs personnels publiant des articles incitant au trouble à l’ordre public, et invitant la population à se rebeller. Ces sites, créés avec l’aide de sociétés américaines et canadiennes, bénéficient du soutien de médias protégés par les services de sécurité américains et britanniques, tels que la BBC, Radio Farda (Free Europe) et Radio Zamaneh”. Le Centre de surveillance prétend faire des révélations importantes, dans les prochains jours sur ces réseaux qualifiés de “destructeurs“.

Dans un communiqué de mars 2009, le Centre de surveillance des délits organisés avait pour la première fois déclaré vouloir démanteler un réseau. Plusieurs de ses animateurs avaient été arrêtés. Quelques jours plus tard, des “aveux“ de détenus avaient été diffusés. En plus de reconnaître la création de sites pornographiques pour “détourner“ la jeunesse iranienne, les jeunes prévenus avaient dû avouer que ces “actions“ avaient été orchestrées par les Américains et Israéliens, qui les avaient grassement payés. Sont certes concernés des sites pornographiques, mais également ceux critiquant l’islam, la religion ainsi que le régime.


17 juin - 13h. Deux nouvelles arrestations

Saide Lylaz, journaliste au journal Sarmayeh, a été arrêté le 17 juin, à son domicile de Téhéran. Ce spécialiste des questions économiques s’est montré très critique envers les politiques d’Ahmadinejad. Contactée, sa femme ignorait où il avait été emmené.

Mohamad Atryanfar, le directeur de plusieurs journaux comme Hamshary, Shargh, Shahrvand Emrouz, a également été arrêté le 15 juin. Il aurait été transféré à la section de sécurité de la prison d’Evin. Reporters sans frontières a été informé de nombreux cas de mauvais traitements sur les personnes arrêtées et détenues.


16 juin - 18h. Arrestation d’Aldolfatah Soltani

Aldolfatah Soltani, avocat des plusieurs journalistes emprisonnés et membre du Cercle des défenseurs des droits de l’homme, a été arrêté sur ordre du tribunal de la révolution de Téhéran, le 16 juin. Il aurait été transféré à la section de sécurité de la prison d’Evin. Depuis le 16 juin au matin, une dizaine d’activistes d’opposition ainsi que des personnalités politiques et de la société civile ont été arrêtés dans les grandes villes du pays : Téhéran, Tabriz, Ispahan, et Shiraz.


16 juin – 16h. Interdiction pour les médias étrangers de couvrir des manifestations “illégales“

« Il est interdit aux médias étrangers de participer ou de couvrir les rassemblements organisés sans autorisation du ministère de l’Intérieur » a annoncé Mohammad Sfar Harandi, ministre de la Culture et l’Orientation islamique.

Depuis 13 juin, les journalistes étrangers présents sur place se sont vus empêchés de couvrir les manifestations qui ont suivi l’annonce de la “victoire“ de Mahmoud Ahmadinedjad.

Yolanda Alvarez, envoyée spéciale pour la chaîne de télévision espagnole RTVE, a été expulsée d’Iran avec toute son équipe le 15 juin. Dans une interview téléphonique à la RTVE (Radio et Télévision publiques espagnoles), Yolanda Alvarez a déclaré que les autorités iraniennes "nous ont demandé de quitter le pays aujourd’hui". "Nous sommes des témoins gênants (...), ils veulent éliminer tout type de présence de presse étrangère (...), les rues hier soir étaient totalement occupées par les troupes antiémeutes", a-t-elle ajouté.

"Si jusqu’ici il n’y avait pas eu de répression, c’est parce qu’ils savaient que nous, journalistes étrangers, nous étions là", a déclaré Yolanda Alvarez. Le collaborateur d’une équipe de la chaîne italienne RAI, un reporter de Reuters et un journaliste de France 3 ont été physiquement agressés par des forces de l’ordre dans la capitale. Une équipe de la BBC a été menacée par la police, mais des manifestants ont réussi à faire fuir les forces de l’ordre. Les correspondants des chaînes allemandes ARD et ZDF ont reçu l’interdiction de sortir de leur hôtel, le 13 juin. Deux journalistes néerlandais de la chaîne Nederland2 ont quant à eux été arrêtés et expulsés, tout comme l’équipe belge de la RTBF.


16 juin – 15h. Le fameux “Mollah blogueur“ en prison

Mohammad li Abtahi, surnommé “Mollah blogueur“, a été arrêté arrêté dans la matinée du 16 juin, à son domicile de Téhéran. Cet ancien vice-ministre de Khatami était également le conseiller de Mehdi Karoubi, candidat d’opposition. L’annonce de son arrestation a été postée sur son blog webneveshteh ([http://www. Webneveshteha.com/->http://www. Webneveshteha.com/]). Mohammed Ali Abtahi est le deuxième blogueur arrêté depuis le 13 juin, après la cyberdissidente Somaieh Tohidlou ([http://smto.ir-&gt ;http://smto.ir]) le 14 juin 2009.


16 juin - L’ancien directeur du journal Sobh-é-Emrouz arrêté

Bien qu’il soit handicapé, Said Hajarian, ancien directeur du journal Sobh-é-Emrouz, a été arrêté par les forces de l’ordre dans la nuit du 15 au 16 juin à son domicile de Téhéran. Said Hajarian a été le directeur du quotidien Sobh-é-Emrouz, fondé en juin 1997, au lendemain de l’élection de Mohamed Khatami. Ce quotidien réformateur a été à l’origine des révélations sur l’implication de certains cercles du pouvoir dans la série de meurtres qui ont touché les journalistes et intellectuels à la fin de 1998. En mars 2000, Saïd Hajarian, considéré comme l’un des théoriciens des réformateurs iraniens, avait été victime d’une tentative d’assassinat à Téhéran.

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